Le Xbox Games Showcase d’hier m’a laissé un sentiment hyper bizarre. D’un côté, on en a pris plein les yeux avec des bandes-annonces de malade, mais de l’autre, la stratégie globale me paraît complètement illisible. On assiste visiblement à une tentative de reconquête agressive avec le retour des exclusivités Xbox sur deux des plus grosses cartouches présentées. C’est la nouvelle PDG : Asha Sharma, fraîchement installée à la place de Phil Spencer, qui tente de redresser la barre. Mais en grattant un peu sous la surface du communiqué de presse officiel de l’événement, ce choix pose d’énormes questions sur la direction de la marque.
Du lourd de chaque côté pour rassurer les fans
D’abord, parlons du gros morceau : Gears of War: E-Day. Ce n’est pas une surprise totale puisqu’il était déjà prévu, mais on sait maintenant qu’il débarque le 6 octobre prochain sur PC et Xbox Series. J’ai pu voir du gameplay et, franchement, ça m’a rassuré. On retrouve exactement ce qui fait le sel de la franchise, mais modernisé à fond. L’Unreal Engine 5 fait de vrais miracles esthétiques, redonnant à cet univers crasseux une baffe graphique monumentale grâce à sa gestion native de la géométrie ultra-détaillée et des effets de lumière en temps réel.
De l’autre côté, on a Clockwork Revolution, couvé par le studio inXile. Si vous me lisez régulièrement, vous savez tout le bien que je pense de leur précédent bébé : j’avais adoré l’expérience et partagé mon avis sur Wasteland 3, un RPG incroyable avec de vrais choix impactants. Ce Clockwork s’annonce hyper touffu, avec un univers steampunk ultra travaillé et une composante jeu de rôle qui me fait saliver d’avance. Le rendez-vous est pris pour 2027 sur PC et Xbox.

Le grand paradoxe des exclusivités Xbox
Si vous êtes un peu observateurs, le point commun entre ces deux mastodontes saute aux yeux : ils ne sortiront pas sur PlayStation 5. Xbox veut réaffirmer son territoire. Pourtant, c’est là que la logique explose en vol. Pourquoi bloquer Gears et Clockwork alors que Forza Horizon 6 est toujours prévu chez la concurrence ? Pourquoi le très attendu Fable va lui aussi s’inviter sur PS5, tout comme le prochain Halo qui déboule dans à peine un mois ?
Je n’ai pas les compétences juridiques pour analyser les contrats en coulisses, et je ne vais pas inventer des théories foireuses. Peut-être que les développements étaient trop avancés ou que des accords étaient déjà signés. Reste que pour le joueur, le message est d’une incohérence totale. On annonce le retour d’une politique de machines dédiées tout en lâchant des licences historiques au voisin.

Mon verdict sur cette stratégie de la dernière chance
J’ai passé plus de dix ans sur les consoles de Microsoft, de 2010 à 2024, avant de migrer totalement sur PC il y a deux ans. C’est un amoureux de la première heure qui vous parle : la marque est en déclin constant. Est-ce que ce revirement suffira à inverser la tendance ? Je n’en suis pas convaincu. Gears of War est une saga immense, mais son aura n’est plus aussi légendaire qu’à l’époque de la 360. Quant à Clockwork Revolution, c’est un RPG de niche qui ne fera pas vendre des machines par palettes. Tenter de relancer l’écosystème avec ces deux seuls piliers me semble bien trop fragile pour sauver les exclusivités Xbox.



