Agefield High Rock the School attise déjà toutes les curiosités. Mais est-ce que vous aussi, ça vous est déjà arrivé d’acheter un jeu uniquement sur une promesse ? Sur une simple émotion qu’un trailer jure de vous rappeler, plutôt que sur de réelles intentions de gameplay ?
Bully, c’est exactement ce genre de souvenir. Ce titre mythique de Rockstar Games a marqué son époque en transposant tout l’ADN d’un Grand Theft Auto dans un lycée américain, avec un personnage principal qu’on incarne et qui est un peu voyou sur les bords. C’était une vision fantasmée, mais portée par une critique parodique et satirique ultra-affûtée.
Le problème, c’est que ce monument est resté un véritable OVNI, seul et sans aucun successeur. J’ai beau chercher, je n’ai pas trouvé un seul jeu qui réussisse à s’approcher de cette expérience. Les fans ont toujours espéré une suite, des fuites ont prouvé que le projet a bien existé à un moment donné avant d’être abandonné, et on n’a même pas eu droit à un bête remaster pour raviver la flamme. Rien. Vingt ans de vide absolu. C’est là que la communication d’un nouveau projet arrive de manière ultra-maline pour combler ce manque affectif.
C’est précisément sur cette corde sensible que surfe Agefield High : Rock the School, un jeu de lycée en monde ouvert prévu pour le troisième trimestre 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series, développé par Refugium Games et édité par Perp Games.
Trailer : Agefield High Rock the School
Les promesses d’un Bully spirituel face au mirage marketing
Sur le papier, les promesses font rêver n’importe qui : un système complexe d’agenda scolaire pour suivre ou sécher les cours, de la contrebande de magazines, des tonnes d’activités et des PNJ avec leurs propres routines. Le trailer marche à fond sur une vibe à la American Pie. Le studio ne dira jamais ouvertement qu’il fait Bully 2, mais il le laisse entendre sur toute sa communication. C’est là que je veux vous alerter. Sur YouTube, beaucoup de gens s’arrêtent aux bandes-annonces et sont hyper optimistes. Le marketing nous montre une belle façade, mais il faut gratter un peu pour voir s’il n’y a pas un loup caché derrière.
L’ombre de Greyhill Incident

Attention, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : on peut très bien réussir à sortir un grand jeu sans expérience, et c’est tout ce que je souhaite au studio. Mais dans notre cas, on parle de l’équipe derrière Greyhill Incident. En 2023, leur jeu d’horreur sur fond d’invasion de petits hommes verts dans les années 60 avait explosé ses précommandes, s’était très bien vendu et avait même eu droit à sa version physique. Pourtant, l’expérience était une catastrophe, comme le rappelait l’avis de Vibro sur le site : une ambiance réussie, mais une intelligence artificielle totalement aux fraises pour un titre très court qui durait à peine 1h30. Quelques mois plus tard, le développeur principal avouait que c’était la première fois qu’il touchait à du code, puisqu’il était artiste 3D à la base. Résultat : le troisième pire score Metacritic de l’année.
Gérer des routines de PNJ en monde ouvert, c’est le cauchemar des plus grands studios de l’industrie. Il faut calculer les scripts de déplacement, la détection des collisions, l’impact des choix du joueur sur l’environnement de l’école, et l’alternance jour-nuit sans que tout le moteur s’effondre. Rajouter par-dessus une couche de mini-jeux pour la contrebande de magazines ou les cours à sécher, c’est s’attaquer à un Everest technique pour une équipe qui a eu un mal fou à faire fonctionner un pauvre alien linéaire dans un champ de maïs.
Le syndrome de la nostalgie
La nostalgie nous fait faire des choses totalement incohérentes. Pour ma part, je ne parierais pas 10 euros sur la réussite du jeu. En attendant de voir s’ils vont réussir à nous satisfaire, nous les délaissés des aventures lycéennes déjantées, restez très loin des précommandes.




