Je connaissais la légende de Final Fantasy VII sans avoir jamais réellement joué au jeu d’origine. J’ai donc abordé Final Fantasy VII Remake sans nostalgie particulière, avec seulement la curiosité de découvrir enfin ce monument dont tout le monde parlait. J’y ai trouvé Midgar, ses personnages, ses combats et une aventure suffisamment resserrée pour me donner envie de poursuivre. Puis Final Fantasy VII Rebirth est arrivé, et j’ai compris qu’un monde beaucoup plus vaste pouvait aussi finir par me fatiguer.
De Midgar à une carte qui m’a progressivement échappé
Final Fantasy X reste mon premier vrai Final Fantasy, comme je l’ai raconté dans mon article consacré à ses vingt-cinq ans, que vous pouvez retrouver ici. Je n’avais donc pas ce lien particulier avec l’épisode original qui accompagne souvent la découverte de Remake. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier fortement cette première partie. La découverte de Midgar m’a semblé maîtrisée, les personnages m’ont rapidement intéressé et les combats ont trouvé un équilibre convaincant entre action et préparation.
J’ai lancé Rebirth dès sa sortie, avec l’envie de retrouver cette équipe dans un cadre plus ambitieux. Les vingt premières heures m’ont admirablement porté. Le monde ouvert fonctionnait, les affrontements restaient passionnants et l’histoire continuait de m’emporter. J’ai même nettoyé entièrement la première zone, avec cette volonté très personnelle de ne rien laisser derrière moi.
C’est précisément à ce moment que quelque chose s’est fissuré. J’ai commencé à ressentir cette impression familière des MMORPG trop chargés, celle d’avoir rempli une série de tâches plutôt que vécu une aventure. La deuxième zone m’a ensuite renvoyé une architecture presque identique à la première, avec quelques variations qui ne suffisaient pas à renouveler véritablement mon intérêt. Je l’ai tout de même complétée, mais cette fois en me forçant. Après cela, j’ai cessé de vouloir tout voir.

Quand l’exploration ressemble davantage à une liste de contrôle
J’ai continué pour l’histoire principale, parce qu’elle restait suffisamment solide pour justifier l’effort. J’ai en revanche abandonné une grande partie du contenu annexe. Je me suis concentré sur le fil narratif et sur le Queen’s Blood, qui est devenu le seul élément secondaire que j’ai réellement parcouru avec plaisir. Je sais très bien que j’ai probablement laissé derrière moi des séquences intéressantes, mais je n’avais plus envie de reproduire le même parcours dans chaque région.
Je joue rarement à plusieurs jeux en parallèle. Quand je commence une aventure, je m’y consacre pleinement. Cette méthode a accentué mon problème avec Rebirth, car je ne pouvais pas interrompre une longue session de tâches répétitives pour aller respirer ailleurs. J’ai fini par ressentir une véritable indigestion. Rebirth est un plat généreux, travaillé, souvent délicieux, mais que j’ai fini par manger jusqu’à l’écœurement.

Un monde encore plus vaste, mais peut-être mieux pensé
Récemment, Naoki Hamaguchi, le directeur du jeu, affirme que Final Fantasy VII Revelation, prévu au printemps 2027, proposera un monde ouvert couvrant toute la planète, avec une connexion complète entre les continents et la possibilité de parcourir librement le monde à bord du Highwind. Il promet aussi des régions retravaillées, une exploration modifiée et des interactions plus verticales, notamment grâce aux descentes en parachute.
Je ne demande pourtant pas seulement une carte plus vaste, ni davantage d’activités. Hamaguchi explique que les zones de Rebirth ne seront pas reprises telles quelles et que l’équipe cherche à modifier le déroulement de l’exploration afin d’éviter la simple répétition. C’est exactement le chantier que j’attends. Si Revelation se contente d’ajouter des continents, des icônes et des objectifs à une formule déjà saturée, je risque de décrocher bien plus vite. Final Fantasy VII Remake m’a davantage marqué parce qu’il savait où s’arrêter. J’espère que Revelation saura faire mieux que Rebirth sur un point essentiel, me donner envie d’explorer, plutôt que me faire croire que je dois tout compléter.



