Les soldes d’automne de Steam ont commencé le 1er octobre et ferment le jeudi 8, à 19 h. J’ai ouvert ma liste de souhaits, puis j’ai arrêté de me mentir. Les bons jeux Steam à moins de 10 euros de cette session, je les possède déjà tous, et certains depuis des années.
Alors j’ai fait le partage, et le constat qui va avec. Cinq jeux que j’ai finis, cinq que je possède et que je n’ai jamais lancés. Le plafond est fixé à 10 €, le panier complet vaut 77,97 €, et pas un euro ne sortira de ma poche cette semaine (enfin sûrement que si mais bon on va y croire).
Les cinq jeux Steam à moins de 10 euros que j’ai finis
Disco Elysium: The Final Cut à 9,49 €
Harry Du Bois est amnésique, il est alcoolique, et surtout il est plusieurs personnes à la fois. Ses compétences prennent la parole, se contredisent, le poussent à boire ou à philosopher, et c’est de ce vacarme intérieur que naît l’écriture la plus profonde que j’ai lue dans un jeu de rôle. Je l’ai terminé cette année. Chaque dialogue devient un débat avec soi-même, sans qu’aucun point de vue n’ait jamais le dernier mot. C’est un passage obligé, je n’ai rien à y redire.

Pentiment à 9,99 €
Obsidian a troqué les donjons contre une abbaye bavaroise du XVIe siècle et un enlumineur qui enquête sur une série de morts. L’esthétique imite le manuscrit, la calligraphie des personnages évolue avec le temps, et les choix se paient des années plus tard sans prévenir personne. Il faut aimer lire, je préfère le dire tout de suite, et pourtant j’en avais déjà défendu la cause. Son authenticité, son histoire et sa direction artistique en font l’un des objets les plus singuliers du catalogue.

A Plague Tale: Innocence à 3,99 €
Les nuées de rats restent l’une des meilleures idées techniques de ces dix dernières années, et la relation entre Hugo et Amicia porte le jeu bien plus loin que ses mécaniques, que j’ai toujours trouvées simples. À moins de 4 €, c’est de loin la meilleure porte d’entrée, d’autant que la saga s’est relancée le 27 août avec Resonance: A Plague Tale Legacy, une préquelle située quinze ans avant les événements du premier jeu. Si vous ne connaissez pas encore la saga, il est encore temps de rattraper le train.

Jusant à 9,99 €
Don’t Nod a fait l’inverse de ce qu’on attend d’un jeu d’escalade. Une simulation assez simpliste, mais une ascension qui raconte quelque chose, des mains qui cherchent une prise le long d’une tour immense, et une atmosphère qui fait la moitié du travail. Face à Cairn, que j’avais testé en début d’année, c’est moins exigeant et beaucoup plus tourné vers l’histoire. Ni mieux ni moins bien, un autre projet. Le studio traverse une période sombre, et ça compte aussi.

Minishoot’ Adventures à 7,49 €
Un vaisseau, un stick pour se déplacer, l’autre pour tirer, et des donjons dans la droite ligne des Zelda rétro en vue du dessus. Sur le papier, l’assemblage ne tient pas debout. En pratique, la progression est d’une fluidité rare et les déplacements sont un plaisir constant, c’est ce que j’en avais retenu ici même, avec un 16/20 et une réserve sur la direction artistique. Le jeu ne paie pas de mine. Il est beaucoup plus agréable que de nombreux titres trois fois plus chers.

Cinq jeux que je possède, et que ces soldes ne me feront pas lancer
Deux jeux de cartes se croisent dans ce bloc, ce n’est pas une redite. L’un raconte, l’autre se joue, et les deux méritent leur place. Je ne vais pas prétendre que cette semaine sera la bonne, je suis déjà sur d’autres titres. Je les garde pour un moment où j’aurai le champ libre.
Inscryption à 7,99 €
Il attend dans ma bibliothèque depuis des mois et je n’ai jamais cliqué sur « Lancer », en partie par peur de me faire avoir. Un jeu de cartes signé Daniel Mullins, un adversaire qui vous fixe depuis l’autre côté de la table, et une mise en scène qui prend un malin plaisir à mentir sur la nature de ce que vous faites. Tout ce que j’en ai lu dit la même chose, il faut y aller sans rien savoir d’autre. Ce sera donc pour une semaine où je n’aurai rien d’autre d’entamé.

Citizen Sleeper à 5,85 €
Un androïde en fuite sur une station, des dés à lancer à chaque cycle pour savoir ce que la journée autorise, et des habitants à qui l’on finit par tenir. La filiation avec Disco Elysium est revendiquée, en plus court et en plus précaire. Le jeu patiente dans ma bibliothèque depuis trop longtemps pour un titre qui n’a rien d’un fleuve, et c’est exactement ce qui me le rend attirant.

Mouthwashing à 8,95 €
Un vaisseau de fret, cinq membres d’équipage, une cargaison de bain de bouche et une situation qui dérape sans jamais expliquer comment. L’horreur ne vient pas de ce qu’on montre mais de ce qu’on comprend trop tard, et c’est précisément ce que j’attends d’un jeu narratif court. C’est la promotion la plus faible de la sélection, ce qui ne change rien à mon cas, le jeu est déjà chez moi depuis un bail.

Slay the Princess à 8,49 €
On vous envoie tuer une princesse dans une cabane au fond des bois. Un narrateur décrit la scène, annonce ce qui va se passer, et se trompe à chaque fois. Chaque mort relance la boucle avec une princesse différente et un texte qui part ailleurs, porté par des voix qui prennent un malin plaisir à vous contredire. La version The Pristine Cut ajoute ce qu’il faut pour justifier plusieurs tours.

Slay the Spire à 5,74 €
C’est sur mon Steam Deck qu’il finira, et le jour où je l’ouvre, je ne compte pas en décrocher avant une bonne dizaine d’heures. Un roguelite de cartes où l’on bâtit son deck étage par étage, où une carte mal choisie coule une partie trente minutes plus tard, et où le hasard ne sert jamais d’excuse. Il a inventé un sous-genre entier et reste le meilleur de sa catégorie. À ce prix, c’est le meilleur rapport entre les euros dépensés et les heures passées de toute cette liste.

Voilà le vrai bilan de ces soldes, et il ne me fait pas briller. Dix jeux Steam à moins de 10 euros, 77,97 € de valeur, et zéro achat, parce que je possédais déjà les dix. Je peux donc vous recommander cinq titres sans avoir jamais cliqué une seule fois sur « Lancer », et ce chiffre augmente à chaque session de soldes.



