Resident Evil au ciné : Enfin un film qui a pigé la débilité du jeu (et je ne rigole pas) !

Oui, sur Noopinho Games, on ne parle pas souvent ciné. Pourtant aujourd’hui, je décide de sauter sur l’occasion puisque je vais vous parler d’une adaptation sur grand écran d’un jeu vidéo tout simplement culte : Resident Evil !

Resident Evil au cinéma, ce n’est pas franchement nouveau. Le réalisateur, producteur et scénariste Paul W.S. Anderson (un homme charmant qui a tout compris au monde du jeu vidéo 🤮) s’était déjà chargé de charcuter (dans tous les sens du terme) la saga à l’écran. Des adaptations légitimement réputées comme d’immenses navets, détruisant éhontément l’univers de Capcom.

C’est pourquoi l’annonce d’un nouveau Resident Evil par un réalisateur de talent a été vue comme une bénédiction par les fans, sans toutefois éviter une belle levée de boucliers. Cette protection quasi naturelle des joueurs face aux adaptations cinématographiques est d’ailleurs tout à fait légitime. Jusqu’ici, le grand écran a surtout traité le matériau de base avec mépris, l’industrie du cinéma n’y voyant qu’une manière de se faire du pognon sur le dos de joueurs longtemps cantonnés à des « gens sans cervelle voulant juste du fan-service, sans réel développement cinématographique ».

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Un réalisateur qui s’amuse avec l’horreur

Et si je vous parle de réalisateur de talent, c’est tout simplement parce que la personne qui s’attaque au projet n’est autre que Zach Cregger. Le réalisateur derrière Barbarian et Weapons, deux films d’horreur acclamés par la critique, promettant un début de carrière tonitruant à Zach.

S’il est important de s’attarder sur le metteur en scène, c’est parce que dans ses deux premiers films, il n’hésite jamais à faire cohabiter des personnages totalement loufoques avec des situations horrifiques qui les dépassent. Cregger s’amuse souvent à désamorcer l’effroi en lui donnant un côté un peu hors-sol, jonglant entre la comédie et les codes du genre. C’est avec ce bagage-là qu’il faut appréhender cette nouvelle adaptation. Cette vision de l’horreur est finalement assez rare : Cregger a une manière bien à lui de se jouer des codes, assumant pleinement des personnages du quotidien complètement à la masse, très vite dépassés par ce qui les entoure.

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L’aventure parallèle d’un PNJ dépassé

Son adaptation de Resident Evil ne s’y trompe pas. Il reprend tout ce qui a fait son succès (surtout sur Barbarian) pour conter l’histoire d’un gars un peu paumé fuyant ses responsabilités. Un type qui va se retrouver à enchaîner et affronter des situations absolument absurdes lorsque le virus de chez Umbrella ravage la ville de Raccoon City. D’une certaine manière, on suit le parcours d’un PNJ vivant sa propre aventure, de façon totalement décorrélée de ce qu’il se passe, par exemple, dans un certain commissariat de la ville. Mais tout ce voyage du PNJ n’est évidemment pas fait innocemment et renvoie à ses propres démons et à la peur de devenir parent. Ce n’est pas nouveau dans le genre, mais la manière dont Cregger renvoie son personnage principal face à ses démons et à l’incarnation de la parentalité tout au long du film est admirable et offre une lecture un peu plus poussée si on le désire. Du vrai pain béni. Chaque monstre devient alors un peu à sa manière un miroir des peurs du personnage et de la fuite de son rôle dans un couple en passe de devenir parent.

Pourtant, l’histoire peut en perdre certains : le Resident Evil de Zach Cregger ne s’empêtre pas à devoir tout expliquer. Il profite d’un cadre déjà acquis, à savoir une ville et ses alentours en proie au chaos, dans lequel le personnage principal s’évertuera à remplir une quête et des sous-quêtes en se jouant des codes du cinéma ET du jeu vidéo. C’est l’une des grandes forces du film : il parvient à combiner ces deux mondes pour s’en abreuver jusqu’à la moelle, afin d’accoucher d’un VRAI film et non d’une simple adaptation fan-service qui ne raconte rien.

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Un bestiaire réinventé et assumé

D’ailleurs, Zach s’éclate à créer ses propres monstres, jouant avec le virus pour concevoir son propre bestiaire comprenant les représentations des peurs du personnage, même si les clins d’œil appuyés à certains designs de la saga restent criants. On pourra pester contre le non-respect du lore, mais qu’est-ce qu’on s’en fiche ! Les jeux Resident Evil sont les premiers à vous sortir 1001 pirouettes scénaristiques nanardesques pour justifier des séquences sans queue ni tête : il serait bien hypocrite de reprocher cela à un film qui le fait avec beaucoup plus de talent. De plus, l’essence même des virus d’Umbrella est tellement respectée qu’on pourrait clairement imaginer le bestiaire de Cregger dans les jeux.

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Un hommage hilarant et maîtrisé au jeu vidéo

La structure narrative raconte l’histoire de Bryan, un coursier qui travaille pour les hôpitaux en transportant des organes. Dès les premières minutes du film, on lui propose une course vers Raccoon City pour une livraison de la plus haute importance. Et voilà : le pitch de base est lancé sans qu’on s’empêtre davantage. Même si les références au lore des jeux sont bien présentes, on ne s’y perd jamais. Le film s’amuse des mécaniques vidéoludiques, comme la recherche de munitions ou l’ouverture de serrures, tout en s’en moquant d’une manière particulièrement intelligente et parfois hilarante.

C’est dans l’ADN de Cregger de tourner tout ça en dérision, mais il le fait avec un savoir-faire et un respect admirables. On sent tout de suite qu’on a affaire à un vrai fan de jeux vidéo et de cinéma ! Alors, même si aux yeux de certains il semble avoir piétiné quelques règles de la franchise, je peux vous l’assurer : il a parfaitement compris ce qu’était Resident Evil à la base. À savoir, une histoire un peu nanardesque qui ne se prend pas au sérieux, mais qui profite de son médium pour briller. Son adaptation cinématographique a saisi cette essence : elle s’empare de cet univers au pitch « WTF » pour le porter dans le monde du 7e art tout en respectant son langage. Cregger offre ainsi aux joueurs comme au grand public une aventure purement plaisante, qu’on soit fan de la première heure ou non.

Resident Evil au ciné : Enfin un film qui a pigé la débilité du jeu (et je ne rigole pas) !

Note : 16/20

En bref, Zach Cregger réussit le pari que le cinéma tentait d’esquiver depuis vingt ans : faire honneur à Resident Evil en embrassant pleinement son côté absurde et bordélique, sans jamais traiter son public comme un ramassis de pigeons. En laissant parler sa passion pour le médium et son amour pour la comédie horrifique (mais une version bien à lui), il livre un film généreux, aussi drôle que surprenant, montrant qu’on peut bousculer le canon d’une franchise tout en restant le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre. Bref, une vraie réussite décomplexée qui fait un bien fou prouvant au passage qu’on peut complètement faire sauter les verrous d’une franchise tout en signant son plus bel hommage.

Rem
Rem

Amoureux du 7ème art et né une manette à la main, j'explore un maximum d'horizons.