Echo : GTA 3 Definitive Edition, la même liberté à vingt-cinq ans d’écart

Mon frère a posé le boîtier PlayStation 2 sur la table du salon sans un mot. Je n’avais jamais entendu parler de Grand Theft Auto, j’avais dix ans, et je me souviens encore du choc quand l’écran s’est allumé. Vingt-cinq ans plus tard, l’agitation autour de GTA 6 m’a poussé à relancer la saga, et c’est tout naturellement que j’ai rouvert GTA 3 Definitive Edition sur PC, le premier GTA de ma vie.

Une première fois à dix ans

Ce jeu avait tout pour m’échapper : j’étais bien trop jeune, mon frère l’avait ramené sans me prévenir, et je n’en avais jamais entendu parler. Quand je l’ai lancé, le sentiment qui m’a saisi avait un nom très simple : la liberté. Drôle de coïncidence, d’ailleurs, que cette liberté-là se vive à Liberty City.

Après l’école, des copains venaient à la maison et je leur montrais le jeu : « regarde tout ce qu’on peut faire ». On ne faisait pas les missions, on semait la pagaille dans les rues, on s’en prenait aux passants, on découvrait le monde par le chaos. Je me suis longtemps demandé où étaient passées les missions, d’ailleurs. Les suites m’ont marqué aussi, San Andreas reste celui que je connais le mieux, GTA 4 celui que je tiens pour le meilleur. Mais ça, c’est une autre histoire.

Claude avec un lance-flammes dans GTA III Definitive Edition

Une Definitive Edition qui ne m’a pas volé mon souvenir

La polémique de lancement, je la connaissais. Cette édition a été décriée, moquée, et j’avais un peu peur en la lançant. Je suis tombé sur une version très correcte. Bien sûr, la technique dénature par endroits le travail d’origine, c’est visible sur certains modèles et certaines ambiances. Mais je joue sur PC, en 4K à 144 Hz, et le confort est réel : les reflets, la fluidité, les technologies d’aujourd’hui au service d’un monde de 2001. C’est agréable, et ça change beaucoup le ressenti.

Claude dans GTA III Definitive Edition

Un gameplay qui n’a pas bougé, et c’est tant mieux

La vraie surprise, c’est là : le gameplay est resté à l’identique, et ils ont très bien joué leur coup. Ce personnage assez lourd, qui met une éternité à tourner, cette conduite très arcade où chaque voiture semble flotter, ces gunfights bordéliques avec des explosions dans tous les sens. Et cette fameuse voiture qu’on retourne sur le dos et qui explose au bout de quelques secondes, ce détail absurde revenu comme un vieux réflexe. Tous ces souvenirs sont remontés en quelques minutes de jeu, et c’était exactement ce que je cherchais.

La liberté était déjà là. Tout ce qui fait le sel de GTA se trouvait déjà dans ce premier épisode en 3D.

Claude qui décolle dans GTA III Definitive Edition

GTA 3 Definitive Edition, la simplicité comme vertu

Cette fois, je me suis intéressé à l’histoire. J’ai parcouru toutes les missions, et je reconnais que la construction a vieilli. Mais attention, ce n’est pas forcément un défaut. Par rapport aux derniers titres de la franchise, le gouffre est grand : pas d’activités annexes à foison, un réalisme assez loin, des ambitions plus modestes. Et pourtant, j’ai aimé cette simplicité. La liberté était déjà là, la subversion aussi, et les missions étaient ingénieuses pour l’époque.

Policiers du LCPD dans GTA III Definitive Edition

Dix heures qui font le plus grand bien

J’ai passé dix heures absolument merveilleuses sur GTA 3 Definitive Edition, et cette édition ne m’a pas perturbé. C’était un bonbon de nostalgie qui m’a fait le plus grand bien, une bouffée d’air pur dans un calendrier chargé. Je sens que je vais enchaîner sur Vice City juste après, avec cette idée en tête : la même ville que le prochain titre de Rockstar à des époques différentes, un pont curieux vers GTA 6. Ça, c’est la suite de l’histoire. Pour l’instant, je retiens cette sensation : un premier GTA reste un premier GTA, même vingt-cinq ans après, et GTA 3 Definitive Edition m’a offert exactement ce que j’étais venu chercher.

Noopinho
Noopinho

Explorateur du paysage vidéoludique et grand dévoreur de RPG (quand j'ai le temps).