avis Pragmata : J’attendais Pragmata avec une curiosité teintée de méfiance. Capcom enchaîne les succès depuis quelques années maintenant, et après la claque monumentale que m’a mise Resident Evil Requiem il y a quelques semaines, la barre était placée très haut. Est-ce que le studio allait réussir à me surprendre avec ce TPS lunaire ? Réponse courte : oui. Réponse longue : lisez la suite.
Un rêve qui tourne au cauchemar
L’histoire se déroule en 2026. L’humanité a découvert la lunafibre, un matériau révolutionnaire capable de tout répliquer via des imprimantes 3D, des objets du quotidien jusqu’aux quartiers entiers de villes terrestres. La Lune est devenue le nouveau terrain de jeu de l’humanité, et c’est sur ce satellite qu’a été construite une gigantesque station : le Berceau. Sauf que le contact avec cette station est rompu, et Hugh, membre d’une équipe d’investigation, est envoyé sur place. Il va vite comprendre que machines et IA malfaisante ont pris le contrôle total des lieux.
Déambuler dans une base lunaire c’est déjà quelque chose en soi.
Pour l’astronome amateur que je suis, déambuler dans une base lunaire c’est déjà quelque chose en soi. Et croyez-moi, Capcom ne lésine pas sur le spectacle.

Papa, c’est quoi un humain ?
Très rapidement, Hugh va tomber sur Diana, une androïde sous les traits d’une jeune fille à la chevelure blonde et au manteau bleu caractéristique. Elle ne connaît rien aux mœurs humaines, elle est curieuse de tout, elle parle beaucoup, elle pose des questions en permanence. Et contrairement à ce que j’ai pu lire chez certains confrères dont je respecte totalement l’avis, chacun le sien comme je le dis à chaque fois, moi je n’ai pas trouvé Diana insupportable. Au contraire. Sa façon de s’émerveiller de tout est parfaitement cohérente avec ce qu’elle est : un droïde qui découvre le monde pour la première fois. C’est touchant, c’est bien écrit, et surtout ça fonctionne.
Ce qui se construit entre Hugh et Diana, c’est une vraie relation père-fille.
Parce que ce qui se construit entre Hugh et Diana, c’est une vraie relation père-fille. Elle démarre comme une alliance de circonstance et évolue vers quelque chose de beaucoup plus fort, porté par des cinématiques de haute volée qui rendent ces personnages de pixels étonnamment humains. Le moteur émotionnel du jeu, c’est eux deux, et Capcom le sait très bien.

Le RE Engine fait encore des miracles
Visuellement, que dire. Le RE Engine prouve une nouvelle fois qu’il est dans une catégorie à part. Ce qui est fascinant dans le Berceau, c’est que les chercheurs ont utilisé la lunafibre pour recréer des pans entiers de New York, des forêts, des plages… avec quelques bugs savoureux qui leur donnent un charme particulier d’ailleurs. Le contraste entre la froideur spatiale et ces répliques terrestres imparfaites, c’est visuellement saisissant et narrativement très malin.
Le contraste entre la froideur spatiale et ces répliques terrestres imparfaites, c’est visuellement saisissant et narrativement très malin.
Hors combat, le HUD se fait quasi inexistant, ce qui renforce l’immersion de façon spectaculaire. Et pour les possesseurs de PC de bourgeois, on va pas se mentir, le Path Tracing offre des reflets et des éclairages d’un réalisme dingue. C’est sans conteste l’un des plus beaux jeux de l’année, au coude à coude avec RE Requiem.

Hacker c’est pas tricher
Là où Pragmata aurait pu se contenter d’être un TPS classique, Capcom a eu la bonne idée d’intégrer un système de piratage qui change vraiment tout. Avant de pouvoir infliger des dégâts à un robot, il faut que Diana le pirate. Et ça se passe en temps réel : tout en visant (L2), vous enchaînez des combinaisons de touches (X, Carré, Triangle, Rond) pour briser ses défenses et révéler ses points faibles. Vous avez aussi R1 pour esquiver. Et tout ça simultanément, bien sûr.
Les affrontements deviennent vite hypnotiques, surtout quand les ennemis se multiplient.
Le résultat, c’est que les affrontements deviennent vite hypnotiques, surtout quand les ennemis se multiplient. Le challenge est relevé pile comme il le faut en mode normal, sans jamais devenir injuste. Et pour les plus téméraires, le mode Lunatique débloqué après la fin vous donnera du fil à retordre.
L’arsenal se décompose en quatre familles d’armes :
- Basiques : le pistolet, fiable en toutes circonstances.
- Rouges (Puissance) : fusil à pompe et rayon laser pour faire des dégâts massifs.
- Vertes (Contrôle) : sphères pour figer les ennemis et bombes collantes pour les faire voler en éclats quand ils sont en paquets.
- Bleues (Stratégie) : essaims de drones et leurres pour diviser l’attention ennemie.
Tout ça s’améliore au Refuge avec la lunafibre récupérée en chemin. Le sentiment de montée en puissance est constant, et c’est vraiment gratifiant.

La Lune à explorer
La base est découpée en biomes (mines, docks, zones urbaines…) eux-mêmes divisés en zones visitables et revisitables. Diana dispose d’un pouvoir de scan pour vous indiquer où se cachent les secrets, sans vous y emmener directement. Il reste à vous de trouver comment y accéder. Il y a quelques petits puzzles environnementaux, mais pas d’énigmes complexes à proprement parler.
Des affrontements dantesques qui mettent à rude épreuve tout ce que vous avez appris, sans jamais tomber dans l’injustice.
Si vous foncez droit au but, comptez 10 à 12 heures. Il m’en a fallu 15 en cherchant les collectibles, et le système de tramway pour revenir dans les anciennes zones rend tout ça très agréable. Le bestiaire est solide, avec des ennemis qui ont chacun leurs spécificités (les vrais sacs à PV, ceux qui tapent fort à distance, les unités basiques qui deviennent dangereuses en groupe…). Mais ce sont les boss de fin de biome qui marquent vraiment les esprits. L’Excavateur dans les mines, par exemple, c’est un moment fort. Des affrontements dantesques qui mettent à rude épreuve tout ce que vous avez appris, sans jamais tomber dans l’injustice.

Lunar Deck City
Comme pour Resident Evil Requiem (je vous renvoie vers mon test si vous ne l’avez pas lu), j’ai testé le jeu sur Steam Deck. Le constat est honorable : en réglages bas, on obtient un 30 FPS stable. Et comme à chaque fois, mon conseil reste le même : utilisez Lossless Scaling pour activer la Frame Generation. Ce petit logiciel fait des miracles et permet de quasiment doubler vos FPS. L’expérience nomade devient vraiment agréable.
Capcom propose une pléthore d’options pour ajuster la fluidité.
Sur PC bien configuré, c’est une autre planète évidemment. Capcom propose une pléthore d’options pour ajuster la fluidité, et le résultat avec toutes les options au maximum est bluffant.

avis Pragmata : Fiche d’identité du jeu
| 🏢 Éditeur | CAPCOM Co., Ltd. | 👥 Public | +16 |
|---|---|---|---|
| 🛠️ Développeur | CAPCOM Co., Ltd. | 🤝 Fourni par l’éditeur | Oui |
| 📅 Date de sortie | 16 avril 2026 | 💻 Testé sur | PC & Steam Deck |
| 🎮 Plateformes | PC, PS5, Xbox Series | ⏱️ Temps de jeu | 15 heures |
✅ POINTS POSITIFS | ❌ POINTS NÉGATIFS |
|---|---|
| ➕Le duo Hugh / Diana, vrai moteur émotionnel de l’aventure | ➖Une construction de TPS classique dans ses fondations |
| ➕La mécanique de piratage originale et hypnotique | ➖Pas d’énigmes complexes, puzzles environnementaux très simples |
| ➕Visuellement époustouflant (RE Engine + Path Tracing) | |
| ➕Un arsenal varié et une progression gratifiante | |
| ➕Jouable sur Steam Deck (surtout avec Lossless Scaling) |
Note : 17/20
Pragmata n’est peut-être pas le chef-d’œuvre absolu. Dans sa construction, on est sur un TPS action dont les fondations rappellent l’âge d’or de la Xbox 360 et de la PS3. Mais sa mécanique de piratage couplée au shoot est originale, bien dosée, et elle tient la distance sans jamais lasser. Pas une once de remplissage dans ses 15 heures, le jeu saupoudre intelligemment ses nouveautés tout au long de l’aventure.



