avis GameStonk Simulator : Le marché PC est saturé de simulateurs en tout genre. Vendeur de vêtements, réparateur de voiture, nettoyeur de maison… et forcément (désormais), vendeur dans une boutique de jeux vidéo. Mais GameStonk Simulator, c’est pas tout à fait le simulateur auquel je m’attendais. Et c’est tant mieux.
Parce que si pour certains le rêve d’enfant c’était de devenir vétérinaire ou astronaute, moi j’ai toujours voulu travailler dans un magasin de jeux vidéo. Quand j’étais petit et que j’allais faire les courses avec mes parents, ils me laissaient souvent dans le Micromania de ma ville. Je regardais les différents rayons avec tous ces jeux que je ne pouvais pas acheter. Spoiler. Mais c’était un lieu rêvé pour un enfant. Aujourd’hui, je me dis que j’ai peut-être bien fait de ne pas donner suite à ce rêve quand on voit l’état du marché physique en France. Mais voilà, GameStonk Simulator est là pour me permettre de le vivre par procuration.
Un jour je serais le meilleur vendeur
Pas de scénario alambiqué. On récupère la boutique de notre grand-père, autrefois tenue par nos cousins, et on va devoir faire fructifier les affaires. Le jeu propose deux modes : un mode bac à sable où l’objectif est simplement de ne pas faire banqueroute, et un mode défi décomposé en semaines avec des objectifs financiers croissants à atteindre. Si vous ratez l’objectif en fin de semaine, c’est game over. Et croyez-moi, vous le raterez.
Le jeu propose un tas de parodies de licences bien connues.
À noter que le jeu propose tout un tas de parodies de licences bien connues. Les trois grands constructeurs sont évidemment de la partie, mais on croise aussi des clins d’œil à God of War, GTA, Hitman ou encore Super Mario. C’est savoureux.

Une journée dans ma boutique
Concrètement, comment ça se passe ? Au départ vous avez une boutique vide, un PC, et peu de moyens. Il va falloir acheter des licences pour avoir le droit de vendre certains jeux, puis acquérir vos stocks par lots de 9 titres. Vient ensuite la disposition dans les rayons, et là le jeu est malin : les meubles ont quatre couleurs distinctes (rouge pour Nintendo, bleu pour PlayStation, vert pour Xbox, blanc pour les périphériques) et associer les bons jeux aux bonnes étagères active des bonus de vente. Simple sur le papier, mais ça demande de l’organisation.
Le jeu est simple sur le papier, mais demande de l’organisation.
Côté encaissement, pas de prix fixes à définir. C’est vous qui encaissez les clients et rendez la monnaie manuellement. Si vous vous trompez, tant pis. Et si vous êtes trop lent, les autres clients s’impatientent et repartent les mains vides. Vous pouvez déléguer ça à des employés que vous recrutez au fil du temps, chacun affecté à une tâche précise : caisse, stock ou sécurité. Parce que oui, il y a des voleurs. Et le jeu n’a pas de système d’alarme. C’est donc à vous, batte de baseball ou claquette en main, d’aller régler le problème. Ou à votre vigile si vous avez les moyens de vous en payer un.
Ma stratégie personnelle : un caissier pour les jours standards, et le dernier jour de la semaine (le fameux jour « hot » avec les grosses sorties et les hordes de clients) je me mets moi-même en caisse pendant que mes employés gèrent le stock et la sécurité.

Le Balatro de la boutique de jeux
Et c’est là que GameStonk révèle sa vraie nature, celle que j’ai mis deux heures à comprendre faute de tutoriel digne de ce nom. Chaque matin, un camion de livraison vous propose trois bonus à choisir (réduction sur les achats, multiplicateur sur un type de jeu, bonus de fin de semaine…) que vous pouvez combiner pour créer des synergies. Exactement comme les jokers dans Balatro. Une fois que vous avez compris ça, le jeu devient très difficile à lâcher.
Il y a aussi tout un système de rétro gaming. Un marchand un peu louche vous propose des lootboxes à 100 dollars contenant trois jeux au hasard, parfois rentables, parfois non. Ces cartouches peuvent être vendues en boutique ou conservées pour les échanger contre des bonus permanents qui survivent à vos échecs. Parce que vous allez échouer, c’est garanti. Mais à chaque nouvelle partie vous repartez avec des avantages débloqués : budget de départ plus élevé, employé disponible dès le début… C’est du Roguelite assumé, et ça fonctionne étonnamment bien dans ce contexte.
Une composante roguelite assumé, et ça fonctionne étonnamment bien dans ce contexte.
Des passants défilent aussi devant votre boutique. Certains vous demandent un jeu précis. Si vous l’avez, vous les ramenez et ils vous récompensent d’une mallette surprise contenant parfois des modificateurs précieux. Encore des clins d’œil aux licences parodiées, et c’est toujours savoureux.

C’est une bonne situation vendeur ?
À 7h30 de jeu j’en suis au 50ème jour sur 119 à tenir pour compléter le mode défi. Les objectifs financiers deviennent de plus en plus exigeants semaine après semaine, et je ne suis pas certain de tenir jusqu’au bout sur cette run. Ce qui, justement, pousse à recommencer.
Le bémol honnête que je dois mentionner : une fois toutes les mécaniques assimilées (comptez environ 5 heures), la boucle de gameplay tourne un peu en rond. On agrandit, on améliore, on vend, on recommence. C’est le propre du genre, mais ça mérite d’être dit.
Le mode bac à sable existe, mais le jeu perd de sa saveur sans les mécaniques de Roguelite.
Le mode bac à sable existe, je l’ai testé. Ça fonctionne, mais très honnêtement, sans les défis hebdomadaires et les mécaniques Rogue, le jeu perd clairement une grande partie de sa saveur. Je vous recommande le mode défi sans hésitation.

GameStonk Deck
Sur Steam Deck, c’est une bonne surprise dans l’ensemble. En jeu, dans la boutique en 3D, pas de problème : déplacement, placement des objets, mise en rayon, tout fonctionne parfaitement. Ça ne consomme presque rien, et c’est le genre de jeu idéal pour des sessions nomades de 30 minutes à une heure.
Le bémol, c’est dans les menus. Pas vraiment optimisés pour les joysticks, c’est un peu buggé. La solution : utiliser l’écran tactile ou les pattes tactiles en mode souris. C’est pas parfait mais c’est gérable. À deux jours de la sortie de la version 1.0 c’est à signaler, même si c’est le genre de chose que la communauté Steam Deck très active ou le développeur pourra corriger rapidement.

- Les mécaniques Rogue light, vraie surprise et vrai plus
- Le système de bonus/synergies façon Balatro addictif
- Les parodies de licences savoureuses
- Léger, idéal pour des sessions nomades sur Steam Deck
- Le mode bac à sable pour décompresser
- Absence quasi totale de tutoriel, les débuts sont rudes
- La boucle de gameplay s'essouffle passé 5 heures
- Les menus pas optimisés sur Steam Deck
Est-ce que j’ai pu vivre mon rêve de gosse de vendeur en magasin de jeux vidéo ? Partiellement. Je m’attendais à quelque chose de plus réaliste, de plus concret, où je fixerais moi-même mes prix et mettrais en avant les jeux de mon choix. Ce n’est pas tout à fait ça. Mais le tout est bien plus gamifié qu’attendu, et je crois que c’était pour le meilleur.
GameStonk Simulator, c’est pas le jeu du siècle. Mais il est suffisamment malin pour surprendre, et ce petit switch Rogue light dans un simulateur de gestion, vraiment je ne m’y attendais pas. 10 heures sont passées sans que je les voie, et je ferai sûrement d’autres parties pour aller plus loin. Le seul vrai bémol reste l’absence quasi totale de tutoriel : les premières parties sont rudes, et si vous n’avez jamais touché à Balatro ou un jeu du même genre, vous risquez d’être perdus sans jamais comprendre pourquoi.
C’est une belle découverte, et un titre à suivre si le développeur continue d’y ajouter du contenu.



