avis Demon Tides : Quand j’ai lancé Demon Tides, j’étais honnêtement très optimiste. J’avais lu énormément de retours élogieux sur le titre, et son esthétique « à la cool » rappelant Jet Set Radio me faisait de l’œil. Je cumule aujourd’hui un peu plus de cinq heures de jeu, et je dois me rendre à l’évidence : je m’arrête là.
C’est un sentiment toujours un peu frustrant en tant que testeur, surtout face à un jeu pétri de qualités objectives évalué de manière « extrêmement positive » sur Steam. Mais parfois, l’alchimie ne prend tout simplement pas. Mon temps de joueur étant précieux, je ne me voyais pas me forcer pendant les 20 heures que dure l’aventure. Je vais donc vous expliquer pourquoi, malgré un gameplay irréprochable, ce titre m’est littéralement tombé des mains.
Une leçon de gameplay
Commençons par rendre à César ce qui lui appartient : le feeling de Demon Tides est exceptionnel. La précision des sauts et des mouvements est millimétrée. Le cœur du jeu repose sur les transformations de notre héroïne, Beebz. On passe à la volée d’une chauve-souris à un serpent pour surfer sur l’eau, puis à une espèce de foreuse tournoyante.
La précision des sauts et des mouvements est millimétrée.
Enchaîner ces formes permet de se propulser et de foncer à toute vitesse. Mécaniquement, c’est ultra-plaisant. La caméra (souvent capricieuse dans le genre) suit l’action de manière irréprochable, garantissant une lisibilité parfaite. Cette liberté de mouvement est d’ailleurs renforcée par les Talismans, des objets à équiper qui modifient votre moveset (sauter plus haut, utiliser une bulle pour flotter, etc.). Pouvoir personnaliser son style de jeu de la sorte est une excellente idée.

Encore un Open-World ?
Alors, où est le problème ? Il réside, pour moi, dans la structure même du jeu. Nous sommes lâchés dans un vaste open world aquatique, rappelant l’excellente carte de Super Mario 3D World + Bowser’s Fury. On navigue d’îlot en îlot pour récupérer des collectibles (des rouages en or pour avancer). Mais là où un jeu Nintendo arrive à vous happer, Demon Tides m’a complètement perdu.
Je n’ai jamais ressenti ce précieux feedback de progression.
Je n’ai jamais ressenti ce précieux feedback de progression. J’avance, mais je ne sais pas vraiment pourquoi. Le hub central, matérialisé par le bateau de notre équipage, n’aide pas : on y passe surtout pour acheter des cosmétiques (cheveux, couleurs, tenues), mais l’absence de véritable dimension narrative ne pousse pas à s’y attarder.

Touche pas à mon chekcpoint
Le jeu propose pourtant des mécaniques originales pour rythmer l’exploration. La plus clivante est sans doute la gestion des points de sauvegarde manuels. Oubliez les checkpoints automatiques ! C’est à vous de planter votre drapeau après un passage difficile. Si vous oubliez de le faire au sommet d’un niveau vertical et que vous chutez tout en bas, la rage est garantie. C’est déroutant au début, mais cela ajoute une vraie dimension stratégique.
L’ajout de points de sauvegarde manuels ajoute une vraie dimension stratégique.
Demon Tides intègre aussi un aspect communautaire asynchrone, avec des contre-la-montre contre les « fantômes » d’autres joueurs et un système de graffitis. Si certains tags laissés par la communauté sont très utiles (pour indiquer le nombre de coffres d’une zone), d’autres sont là pour troller avec l’inévitable « Saute ici » face au vide absolu. Du grand classique, mais c’est efficace.

C’est qui déjà ?
Malgré toutes ces bonnes idées, deux facteurs ont lourdement pesé dans mon décrochage. Le premier : l’absence totale de traduction française. Le jeu est intégralement en anglais. Même si l’on ne joue pas à un platformer pour son scénario, cela crée une barrière supplémentaire pour comprendre les enjeux.
J’ai eu cette désagréable sensation de débarquer au milieu d’une fête où tout le monde se connaît sauf moi.
Le second : je n’ai jamais touché à Demon Turf, le premier opus. J’ai eu cette désagréable sensation de débarquer au milieu d’une fête où tout le monde se connaît sauf moi. Résultat : zéro attachement aux personnages.

Steam Deck comme talisman
S’il y a bien un endroit où le jeu brille sans aucune réserve, c’est sur le Steam Deck. Les jeux de plateforme 3D se prêtent merveilleusement bien à la console de Valve, et celui-ci tourne à la perfection sans aucun bidouillage.
Le taux de rafraîchissement est irréprochable, la consommation de batterie est très raisonnable, et les couleurs de l’OLED subliment la direction artistique. C’est d’ailleurs le format idéal pour y jouer : on allume la console pour 15 minutes, on parcoure un îlot, on récolte deux rouages, et on l’éteint.

avis Demon Tides : fiche d’identité du jeu
| 🏢 Éditeur | Fabraz | 👥 Public | Tous publics |
|---|---|---|---|
| 🛠️ Développeur | Fabraz | 🤝 Fourni par l’éditeur | Oui |
| 📅 Date de sortie | 19 février 2026 | 💻 Testé sur | PC & Steam Deck |
| 🎮 Plateformes | PC | ⏱️ Temps de jeu | 5 heures |
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Note : 13/20
Il faut parfois avoir l’honnêteté de dire qu’un jeu n’est pas mauvais, mais qu’il ne nous correspond tout simplement pas. La rencontre entre Demon Tides et moi ne s’est pas faite au bon moment. Je reconnais totalement la fluidité de son gameplay et l’intelligence de ses mécaniques (checkpoints manuels, talismans), mais je ressors de ces cinq heures de jeu avec une petite déception. Un titre que je recommande chaudement aux inconditionnels du platforming 3D pur et dur ou aux fans du premier opus, mais qui laissera sur le carreau les joueurs en quête d’un minimum de narration et d’un sentiment de progression gratifiant.



