Je vais l’avouer sans détour : The Witcher 3 se dispute chez moi le titre de jeu favori des quinze dernières années, à égalité avec Mass Effect 2, Red Dead Redemption 2 et Baldur’s Gate 3. Alors quand The Witcher 3 Remastered a été annoncé à l’Opening Night Live de la Gamescom 2026, j’ai écouté CD Projekt RED avec une attention toute particulière. Pas pour la liste des améliorations techniques, d’autres sites la détaillent très bien. Pour la logique : pourquoi ressusciter un jeu de 2015, onze ans après sa sortie ? La réponse tient en deux annonces, et elle est d’une intelligence rare.
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The Witcher 3 Remastered offert : le geste qui change tout
Les faits d’abord. Le remaster arrive le 29 septembre 2026 sur PC, PS5 et Xbox Series X|S, avec une version native sur Switch 2. Plus beau, éclairage retravaillé, système de combat revu, déplacements améliorés, et une poignée de nouveautés qui devraient ravir les vétérans. Jusque-là, du remaster classique. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est le prix : zéro euro pour les possesseurs du jeu, là où d’autres éditeurs, moins scrupuleux, auraient facturé une soixantaine d’euros. Et ce n’est pas tout : Hearts of Stone et Blood and Wine sont offerts, même à ceux qui ne possédaient pas les extensions à l’origine. Autrement dit, l’expérience complète de l’un des plus grands RPG de l’histoire, offerte à ceux qui l’avaient déjà payée il y a onze ans.

Reconstruire la confiance, un Geralt à la fois
Il faut se souvenir d’où vient ce geste. CD Projekt n’a jamais tout perdu, loin de là, mais la sortie de Cyberpunk 2077 avait laissé des traces, et beaucoup de joueurs s’étaient dit, à force de faire confiance aveuglément à un éditeur, « voilà ce qui peut arriver ». Depuis, le studio s’est rattrapé, je l’écris noir sur blanc dans mon avis sur Cyberpunk 2077 version 2.0. Ce remaster gratuit n’est donc pas de la générosité désintéressée : c’est un investissement. Avec 65 millions d’exemplaires vendus depuis 2015, The Witcher 3 reste une machine à fidéliser, et CD Projekt vient de la réactiver sans demander un centime à personne.
Un investissement qui remet les fans de la première heure dans le jeu dans de bonnes conditions, et qui tend une porte d’entrée toute neuve aux joueurs qui n’ont jamais osé se lancer dans un jeu de 2015. Et il y a la suite au bout : l’extension Songs of the Past, attendue en 2027, emmènera Geralt à Letten, une région rurale inédite, avec une nouvelle arme à la clé, une chaîne. Elle est présentée comme un pont vers The Witcher 4, visé pour 2028 et qui placera Ciri au centre de l’aventure. Redécouvrir le jeu maintenant, c’est arriver préparé. CD Projekt ne vend pas un remaster : il prépare le terrain, commercialement et émotionnellement, pour les deux prochaines années. C’est malin, c’est propre, et une fois de plus, le studio maîtrise sa communication comme peu d’éditeurs savent le faire.
Moi qui ai bouclé le jeu de base sans jamais toucher aux extensions, j’ai déjà tranché : je relance une run complète de The Witcher 3 Remastered le 29 septembre, et je découvre enfin Hearts of Stone et Blood and Wine, que l’on me présente comme un sommet depuis des années. Si vous hésitiez depuis tout ce temps, le prétexte parfait vient de tomber. CD Projekt n’a pas vendu un remaster : il a acheté de la bonne volonté. Et franchement, ça me va très bien.




