On a tous un angle mort dans notre vie de joueur, un de ces monstres sacrés devant lesquels tout le monde s’extasie alors qu’on reste sagement sur le quai. Pour ma part, ce gouffre immense s’appelle FromSoftware. Que ce soit Dark Souls, Sekiro ou les autres, j’ai beau essayer, la formule ne prend pas. Pourtant, l’actualité vient frapper fort là où on ne l’attendait pas. Bandai Namco a craché le morceau : la mouture Elden Ring Tarnished débarque le 28 août prochain, et elle s’invite notamment sur la Nintendo Switch 2. Forcément, ça force à se poser des questions, même quand on n’est pas client.
Elden Ring Tarnished : le retour du phénomène… sans moi
Le jeu est déjà mythique, c’est un fait indiscutable. À l’époque où Elden Ring dévoilait son gameplay initial, la planète entière retenait son souffle. Voir ce colosse débarquer aujourd’hui sur la console nomade de Nintendo, un an après la sortie de la machine, va faire un carton absolu chez les fans de mobilité. L’éditeur ne fait pas les choses à moitié puisque cette version sort aussi sur PC, PS4, PS5, Xbox One et Xbox Series. Mais au-delà de l’annonce, c’est surtout l’occasion de voir si le vernis de cette nouvelle édition change la donne pour les éternels sceptiques dans mon genre.
Un pack ultime taillé pour les convertis
Quitte à relancer la machine, Bandai Namco y va franco. On ne nous sert pas un simple portage opportuniste. Cette édition embarque d’office l’extension Shadow of the Erdtree, qui a mis une claque mémorable à toute la communauté en 2024. Pour justifier le passage à la caisse, ils ajoutent deux nouvelles classes de départ, des armures inédites et de quoi personnaliser Torrent, notre canasson spectral. C’est la proposition définitive, propre, carrée, pensée pour ceux qui veulent replonger pour une centaine d’heures. C’est un plaisir total pour les mordus, mais le cœur du gameplay reste inchangé.

Pourquoi la rigidité des Souls me laisse de marbre
Et c’est bien là que le bât blesse pour moi. Ma réticence n’a rien à voir avec une peur panique de la difficulté. Donnez-moi un Returnal bien nerveux ou un Super Meat Boy chirurgical, et je fonce sans sourciller parce que le répondant est immédiat. Ce qui me bloque totalement avec la formule FromSoftware, c’est cette lourdeur inhérente aux personnages, cette inertie constante qui me donne l’impression de manoeuvrer un 35 tonnes.
Sur la version originale, j’ai forcé pendant cinq heures. Je me suis cassé les dents sur un boss, j’ai mordu la poussière six fois de suite sans ressentir le moindre plaisir, et j’ai lâché l’affaire. Ça ne m’a pas pris aux tripes. Si je devais redonner une chance au studio, ce serait plutôt via la vivacité d’un Sekiro, mais certainement pas en retournant errer dans l’Entre-Terre.
Cette édition Elden Ring Tarnished ne sera pas le messie qui va me réconcilier avec le genre. Je refuse de m’inventer une hype artificielle juste parce que le jeu devient transportable ou qu’on peut changer la selle de sa monture. C’est une excellente nouvelle pour le catalogue de la Switch 2 et pour les joueurs qui ont le profil adéquat, mais je regarderai ce train passer depuis le quai, sans le moindre regret.



