Dossier : Les jeux vidéo rendent-ils violent ?

Hello les amis !
Nous nous retrouvons aujourd’hui avec un article un peu particulier et qui me tient beaucoup à coeur. J’essaierai de sortir au moins un dossier par mois traitant de sujets divers et variés.
Aujourd’hui, je vais essayer de répondre à une question très simple : les jeux vidéo rendent-ils violent ?
Pourquoi ce sujet ? Car il est très actuel. En effet, suite à la tragique fusillade de Parkland en Floride, le 14 février 2018 (qui a couté la vie à 17 personnes), le Président américain Donald Trump a (une fois encore) accusé les jeux vidéo d’être en partie responsable de la violence dans son pays.
Alors Monsieur Trump a-t-il raison ? Jouer au jeux vidéo fait-il de nous des tueurs assoiffés de sang ?
Je vais essayer de répondre à cette question tout en restant objectif (évidemment), allez go ! 🙂

Le jeu vidéo a très mauvaise presse, il faut l’avouer. Cependant, faut-il blâmer entièrement les personnes (la plupart de nos dirigeants politiques et des journalistes) qui ne connaissent pas forcément assez bien ce média ?

En effet, la plupart des jeux qui font écho auprès d’eux sont souvent des jeux à polémique. Le plus connu et souvent mis en cause : Grand Theft Auto. Mais on peut également citer toutes sortes de FPS, que ce soit Battlefield, Call Of Duty ou encore Counter-Strike.
Mais ces jeux sont-ils pour autant réellement dangereux ?
En tant que grand passionné de jeux, j’aimerais vous répondre que non, mais il faut bien avouer que certains titres peuvent perturber quelques joueurs un peu plus fragiles.

Il n’est pas rare de voir de jeunes enfants passer leur temps sur GTA V par exemple. Mais un enfant qui a seulement cela comme occupation ne pourrait-il pas confondre un peu virtuel et réalité ?
Je pense que nous avons la même réponse à cette question. Cependant, à mon avis ce n’est pas forcément le jeu vidéo en lui-même qu’il faut blâmer.
Restons sur l’exemple de GTA V, car c’est souvent lui qui est remis en cause. Outre le fait d’être un très grand défouloir, c’est également un très grand jeu qui déborde de beaucoup de références et de critiques de la société qu’un enfant ne pourrait pas forcément comprendre.
Mais est-ce que ce ne serait pas pour cela que le système PEGI existe ?
Vous savez, cette indication présente sur chaque jaquette, qui précise l’âge minimum conseillé pour pouvoir jouer à un jeu.
A mon avis, il est très facile de dire que le jeu vidéo est responsable quand les parents achètent n’importe quel titre à leur(s) enfant(s), que ce soit par ignorance du contenu réel ou alors tout simplement par irresponsabilité.
Il faut avouer que certains parents sont un peu dépassés par ce média, même si les nouvelles générations commencent à être parents à leur tour et ont un peu plus de recul sur la question. C’est peut-être pour cela que les limitations ne sont pas toujours respectées.
Nous pouvons ainsi comparer le jeu vidéo avec d’autres produits (culturels ou non) qui utilisent également un système de limitation d’âge. C’est notamment le cas du cinéma, souvent plus accessible mais pour lequel les limitations sont généralement mieux respectées car plus encadrées. Il faut dire que l’accès à ce média est plus facilement contrôlable.

Mais la grande différence entre le cinéma et le jeu vidéo ne serait-elle pas ailleurs ?
En effet, devant un film nous sommes totalement passif, spectateur de ce que veux bien nous montrer le réalisateur, et nous n’avons aucun impact sur ce qui se passe à l’écran. Attention, ce n’est pas pour autant que nous ne pouvons pas nous sentir transporter par cet univers, mais c’est tout de même différent.
La lecture, quant à elle, peut se rapprocher du jeu vidéo par un autre aspect. Dans celle-ci, nous sommes obligés de nous imaginer les scènes qui se déroulent et de nous créer une sorte d’univers virtuel pour imager ce que nous lisons. Cette pratique est également très immersive.
Mais ces deux médias peuvent-ils vraiment rivaliser avec le jeu vidéo en terme d’immersion ?

Le jeu vidéo est le seul des trois qui permet une action directe sur le déroulé de l’histoire.
Dans les premiers jeux, nous suivions généralement un chemin tout tracé, sans jamais s’éloigner de ce que les développeurs voulaient nous faire faire.
Mais aujourd’hui, les jeux ont évolué et gagné en complexité. L’arrivée des mondes ouverts permet maintenant au joueur de faire à peu près tout ce qu’il veut et lui donne une liberté encore plus grande. Rien ne nous empêche de nous éloigner de notre mission principale et, par exemple, de voler une voiture et foncer sur tous les passants, ou encore taper sur des personnages au hasard sans raison.
D’autres jeux ont pris un chemin plus narratif, comme Life Is Strange par exemple. Nous ne sommes pas libre de nos actions, mais tous les choix de notre héroïne sont dictés par nous-même et ont des répercussions plus ou moins lourdes sur la suite de l’histoire.

Même si il s’agit de mondes virtuels, ne serait-ce pas un peu dangereux ?
Le jeu vidéo peut vous impliquer émotionnellement et faire perdre le sens de la réalité pour certains. En ce sens, je pense qu’il y a des risques pour les jeunes joueurs ou ceux un peu plus fragiles d’esprit, et souvent plus facilement influençables. Certains joueurs également (cas très marginal) peuvent passer leurs journées entières sur leur console, mettant ainsi de côté leur vie sociale, leur hygiène et même leur travail. Ils se créent une sorte de cocon dans lequel seule leur vie virtuelle est importante.
Mais alors, si les jeux sont si prenants, le sont-ils au point de nous transformer en tueurs après avoir jouer à un jeu ultra violent ?
Nous allons retourner la question autrement et nous éloigner des jeux violents. Est-ce qu’être un très bon joueur de Fifa, par exemple, fait obligatoirement de moi un très bon joueur de football dans la réalité ? Je ne pense pas.
Il est tellement navrant de réduire le jeux vidéo à un certain nombre de jeux. Beaucoup d’autres productions débordent de bonnes idées et de titres largement à la hauteur du cinéma avec beaucoup de poésie, d’histoires bien ficelées et de personnages emblématiques auxquels nous sommes tous attachés.
Faisons d’ailleurs une petite pause avec une vidéo hommage en réponse aux attaques de Monsieur Trump que je vous conseille vivement de regarder. Elle démontre toute la beauté de notre média favori, plutôt que de l’enfermer dans le carcan de la violence :

Nous avons beaucoup parlé des nuisances possibles du jeu vidéo sur nos vies. Mais à l’inverse, existe-t-il des possibles bienfaits ?

Selon plusieurs études, la réponse est : oui.
Le jeu vidéo améliorerait d’une certaine façon la vision. En effet, dans un jeu de tir par exemple, le fait de devoir rechercher nos ennemis rapidement est un parfait entrainement pour nos yeux.
Il ralentirait également le vieillissement. Une université américaine a réalisé une étude montrant que jouer plusieurs heures dans une semaine ralentirait de presque sept ans le déclin de nos capacités mentales.
Un dernier point par rapport aux bénéfices de ce média, il réduirait également la douleur, le stress et les possibles dépressions. Les études expliquent que le cerveau serait concentré sur ce monde virtuel et donc se focaliserait moins sur la douleur et autres problèmes.

Revenons à notre sujet principal, le jeu vidéo a-t-il un vrai lien avec toutes ces tueries de masse ?
Il est vrai qu’après l’étude de plusieurs profils psychologiques de certains de ces tueurs, plusieurs d’entre eux se sont avérés être des joueurs. Prenons l’exemple de la tuerie de Colombine qui a eu lieu en 1999, un des tueurs était fan de Doom et plusieurs journalistes indiquent qu’il se serait  » entrainé  » sur ce jeu.
Mais dans cet exemple concret des tueries de masse (qui pour la plupart ont eu lieu aux Etats-Unis), le problème ne serait-il pas ailleurs ?
En effet, trouvez-vous cela normal que des mineurs aient accès à des armes de guerre et puissent se les procurer aussi facilement ?
Pour moi, le jeu vidéo peut être un facteur supplémentaire dans la tête de ces monstres, mais à aucun moment nous avons eu une preuve montrant clairement que le jeu a déclenché ces tueries.

Une fois de plus, je pense que, par précaution, comme n’importe quel média, il est important de respecter le système PEGI mis en place pour que les enfants ne se retrouvent pas avec n’importe quels jeux dans les mains. Mais la meilleure des préventions reste malgré tout la compréhension du loisir vidéoludique. Une fois que cela sera acquis par le plus grand nombre, il deviendra sûrement à son tour un art à part entière, au même titre que la musique, la lecture ou le cinéma (même si pour nous autres joueurs, il l’est depuis très longtemps), et cessera d’être remis en cause à chaque fois.

Afin de connaitre votre avis sur le sujet, j’ai effectué un sondage sur Instagram il y a quelques jours en vous posant cette même question. Merci à tous d’avoir répondu à ce sondage.

Pour une majorité d’entre vous, les jeux vidéo ne rendent pas violent. Vous êtes cependant nombreux à avoir nuancé votre réponse en me précisant que pour vous, le problème ne venait pas du jeu vidéo en lui-même, mais plutôt du joueur. Ce dernier pouvant présenter des problèmes mentaux ou autre fragilité, le jeu pourrait se transformer, dans ces cas particuliers, en élément déclencheur d’une possible violence.
J’espère que ce dossier vous a plu, n’hésitez pas à donner à votre tour votre avis dans les commentaires, et à me dire si vous souhaitez voir plus souvent des dossiers comme celui-ci sur le blog.
Je vous dis à demain pour le récapitulatif de la semaine et vous souhaite à tous une très bonne journée 🙂

4 pensées sur “Dossier : Les jeux vidéo rendent-ils violent ?

  • 24 mars 2018 à 16 h 00 min
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    Très bien écrit, bien résumé, assez complet, bref : Bon article ! Bravo.
    C'est marrant de comparer à la façon que j'aurais présenté le dossier, qui aurait été différente de la tienne.

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  • 24 mars 2018 à 16 h 03 min
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    Effectivement, ce n'était pas facile de trouver la bonne formule. Il y a a beaucoup de choses à dire sur le sujet 🙂

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  • 24 mars 2018 à 16 h 51 min
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    Bon Article, après je ne suis pas un exemple, j'ai joué à mon tout premier GTA alors que j'étais âgé de 11 ans. Cela ne m'a cependant pas transformé en tueur sanguinaire, mais j'ai reçu une éducation, des principes et cela peut faire pencher la balance.

    Je ne pense pas que le jeu vidéo peut rendre violent, mais je crois qu'il peut faire ressortir une violence déjà présente chez un individu. Problème mental, instabilité de certaines personnes etc…

    C'est tellement réducteur de mettre le jeu vidéo directement en tort alors qu'il y a tellement de facteurs sociologiques qui peuvent entrer en compte. Un individu est un ensemble complexe et il est difficile de croire qu'une seule chose puisse changer un individu en un tueur sanguinaire.

    D'un point de vu personnel, je remercie le jeu vidéo, qui me permet de m'évader et d'échapper aux tracas du quotidien. Etant à la recherche d'un emploi depuis un petit moment maintenant, sans le jeu vidéo, je ne sais pas vraiment si j'aurai conservé ma positivité et mon état d'esprit.

    Joli dossier au passage !

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  • 24 mars 2018 à 16 h 54 min
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    Très bonne analyse. Je pense tout comme toi que le jeu vidéo est plus bénéfique que l'inverse.
    Comme tout, c'est une question d'éducation et de dosage (ne pas faire que ça).
    Merci pour ton commentaire en tout cas 🙂

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