Avis Outbound : Dans un paysage vidéoludique de plus en plus tourné vers la performance et l’action, Outbound fait le choix inverse en proposant une expérience centrée sur la détente et l’exploration. Développé par le studio indépendant Square Glade Games, ce jeu invite les joueurs à prendre la route à bord d’un van entièrement personnalisable, dans un monde ouvert aux allures de carte postale. À mi-chemin entre simulation de survie légère et expérience contemplative, Outbound propose une échappée belle dans un monde ouvert où liberté, lenteur et écologie sont au cœur du voyage.
Mais derrière cette proposition séduisante, Outbound parvient-il réellement à maintenir l’intérêt sur la durée, notamment sur le plan technique et en multijoueur ?

La vanlife écolo

Dès ses premières minutes, Outbound affiche clairement ses intentions. Le jeu s’inscrit dans une démarche écologique assumée, autant dans son propos que dans ses mécaniques. Le joueur est encouragé à vivre en autonomie grâce à des sources d’énergie renouvelables, comme les panneaux solaires ou les éoliennes, tout en recyclant les ressources trouvées au fil de l’exploration.
Mais avant de se lancer dans l’aventure, il faut choisir son van. Trois modèles sont disponibles avec chacun des caractéristiques différentes : l’espace de construction, le poids transportable et la maniabilité du véhicule.

Le classique
Le véhicule polyvalent et fiable qui équilibre les trois composantes.

Le baroudeur
Le plus petit véhicule qui offre moins d’espace de construction mais une meilleure maniabilité.

Le mastodonte
Le plus imposant des véhicules mais lent avec un maximum d’espace de construction.
Le van est entièrement personnalisable en couleurs mais la personnalisation de notre avatar est très limitée.


Du point de vue écologique, le jeu intègre cette dimension directement dans ses mécaniques, en encourageant une forme d’autonomie énergétique et de gestion responsable des ressources. Le joueur est ainsi amené à privilégier des solutions durables, comme l’installation de panneaux solaires ou d’éoliennes pour alimenter son van, tout en recyclant les déchets récupérés lors de ses explorations pour débloquer de nouveaux plans de fabrication.
Cette approche, loin d’être anecdotique, structure en profondeur l’expérience. Elle impose un rythme plus lent et réfléchi, où chaque amélioration du véhicule demande anticipation et gestion des ressources. Le jeu évite ainsi toute logique d’exploitation intensive pour s’inscrire dans une philosophie plus douce, presque contemplative, en accord avec son identité “cozy”.
Si cette dimension écologique apporte une cohérence bienvenue à l’ensemble, elle reste toutefois traitée de manière assez idéalisée. Le jeu ne cherche jamais à confronter le joueur à de réelles contraintes ou dilemmes, préférant privilégier une vision apaisée et accessible, quitte à simplifier son propos. Nous sommes invités à nous aventurer dans un monde où l’écologie et les énergies renouvelables constituent l’unique manière de vivre. Le joueur n’a pas à réfléchir sur l’aspect écologique de ses choix et ressources.
Au cœur de cette proposition, le van s’impose comme une véritable extension du joueur. Plus qu’un simple moyen de transport, il devient un espace de vie évolutif, que l’on façonne progressivement selon ses besoins et ses envies. Aménagement intérieur, production d’énergie, décoration : tout concourt à renforcer l’attachement à cette maison mobile, véritable symbole d’une liberté maîtrisée, mais aussi d’un mode de vie alternatif inspiré de la vanlife. Les aménagements, excepté les machines de fabrication, sont tout à fait subsidiaire et ne viennent agrémenter que l’esthétique du van.

Avis Outbound : Doucement le matin, pas trop vite l’après-midi !
Mais si Outbound séduit par son concept…
C’est avant tout par son rythme qu »il affirme son identité. Ici, pas de pression ni de véritable danger : la progression repose sur une boucle simple mêlant exploration, collecte de ressources et crafting. Le joueur avance en parcourant les différents biomes à la recherche de points d’intérêt, souvent matérialisés par des structures à réparer ou à activer, comme des tours radio, des moulins ou diverses installations abandonnées.
Ces “missions”, si l’on peut les qualifier ainsi, suivent un schéma relativement similaire : atteindre une zone, récupérer ou fabriquer les éléments nécessaires, puis résoudre une interaction mineure — qu’il s’agisse d’alimenter une structure en énergie, de rassembler des composants spécifiques ou de compléter un petit puzzle environnemental.

exemple de mission pour passer d’un biome à un autre

À cela s’ajoutent des objectifs plus diffus, comme la récupération de ressources, le recyclage de déchets ou encore l’amélioration progressive du van via de nouveaux plans de fabrication, eux-mêmes débloqués en explorant la carte.
Si cette structure a le mérite d’être claire et accessible, elle montre rapidement ses limites. Le manque de variété dans les objectifs, combiné à une progression assez linéaire, renforce l’impression de répétition. Les missions s’enchaînent sans véritable montée en tension ni renouvellement significatif des enjeux, ce qui peut donner le sentiment d’une boucle qui peine à se réinventer.
Ce choix s’inscrit néanmoins dans la volonté du jeu de proposer une expérience apaisée, sans contrainte ni échec réel. En supprimant toute pression, Outbound privilégie la liberté et la contemplation, quitte à sacrifier en partie le dynamisme et l’implication du joueur sur la durée. Mais cette structure m’a davantage donné l’impression d’accomplir une série de tâches que de vivre une véritable aventure.
Un multijoueur limité
C’est en multijoueur que Outbound révèle ses plus gros problèmes techniques. Lors de mes sessions, plusieurs bugs de synchronisation et de collision sont venus perturber l’expérience. Il m’est arrivé de pouvoir rouler sur un autre joueur et de l’intégrer littéralement dans le van, avec des situations aussi absurdes qu’improbables : coincé à moitié dans la carrosserie, il pouvait parfois ressortir par l’avant du véhicule en marche arrière, créant une scène aussi glitchée qu’involontairement comique.
D’autres anomalies viennent s’ajouter comme des problèmes de placement d’objets, impossibles à aligner correctement, ou encore des animations approximatives. Notamment celles liées aux échelles, où les personnages semblent simplement glisser vers le haut sans véritable interaction physique.
Si ces bugs prêtent parfois à sourire, ils reflètent surtout un manque de stabilité du mode multijoueur, qui nuit à la lisibilité et à l’immersion d’une expérience pourtant pensée pour être partagée car le jeu peut accueillir jusqu’à 4 joueurs dans un van.

défauts d’alignement
« grimper » une échelle

Il est important de rappeler que le jeu est une production indépendante et ce type de défauts sont courants pour un studio d’une telle taille. D’autant que le financement a été effectuée de manière participative sur Kickstarter pour récolter la somme totale de 265 679€ grâce à 5 197 participants.
Avec son concept séduisant de vanlife écoresponsable et son ambiance résolument apaisante, Outbound parvient sans difficulté à capter l’attention dans ses premières heures. Mais derrière cette proposition originale, le titre de Square Glade Games peine à maintenir le cap sur la durée.
Entre une boucle de gameplay répétitive, un manque de renouvellement dans ses missions et un multijoueur entaché par de nombreux problèmes de stabilité, l’expérience finit par tourner à vide, laissant un sentiment d’inachevé.
Le jeu reste sincère, porté par une vraie intention et une identité marquée, qui saura séduire les amateurs de détente et de liberté. Mais pour transformer l’essai, Outbound devra encore affiner sa formule et consolider ses fondations techniques.
- esprit vanlife bien présent
- un van qui devient une base mobile avec une large possibilité de construction
- univers visuel cohérent avec l'esprit du jeu
- un jeu accessible avec une prise en main très facile
- gameplay répétitif et contenu peu renouvelé
- bugs de collision et de synchronisation en multijoueur
- pas de réelle histoire qui maintient la progressivité du jeu
- manque de challenge qui peut causer l'ennui
La promesse d’une aventure paisible en van m’a rapidement séduite. Les premières heures, notamment dans le premier biome, sont agréables et permettent de découvrir efficacement les mécaniques du jeu. Pourtant, très vite, le rythme vient entacher la motivation à poursuivre l’aventure.
L’arrivée dans un second biome laisse entrevoir un renouveau bienvenu, mais cet espoir retombe rapidement face à une boucle de gameplay qui se répète sans réelle évolution. Même l’introduction d’un compagnon à quatre pattes, qui apporte quelques interactions supplémentaires, ne parvient pas à renouveler l’expérience de manière significative.
Le multijoueur, quant à lui, reste en retrait. S’il facilite certaines tâches comme le crafting, il ne rend pas pour autant l’expérience plus engageante, et souffre en plus de problèmes techniques qui limitent son intérêt.
Outbound repose pourtant sur une intention sincère et prometteuse. Mais en l’état, le jeu me donne le sentiment de ne pas aller au bout de ses ambitions, comme freiné par ses moyens et son manque de finition.



