J’ai testé la bêta de Sort My Comics ! avant sa sortie, et j’ai surtout aidé de loin, en signalant quelques bugs à un développeur que je connais. Autant le dire tout de suite : je ne mets pas de note. Pas par confort, par principe. Ce qui reste, c’est un jeu où l’on ramasse plus de 2700 comics par terre dans une boutique de BD, où Sort My Comics ! te laisse deviner seul où chaque album doit atterrir, avec des couvertures qui viennent de vrais comics et qui donnent à la pièce une allure qu’aucun asset générique n’aurait produite. Chaque session finit par un « allez, j’en range deux, trois de plus » qui ne trompe pas.
Chapitrage
Huit genres, trois tailles, et aucune indication
La boutique est un capharnaüm assumé. Huit genres y cohabitent : horreur, aventure, enquête, western, romance, science-fiction, super-héros et pour enfants. Trois tailles de documents, et chacune a son meuble. Les simples, les petites revues, vont dans des bacs. Les moyens prennent les grandes étagères contre le mur. Les omnibooks, les gros, vont sur les étagères centrales.
Le jeu ne t’indique pas où ranger. C’est à toi de lire la couverture, de reconnaître la série, de comprendre le format, puis de choisir. C’est bien, et c’est même tout le jeu. 192 types de comics, tous visibles dès le départ, et des tas monstrueux de livres au milieu de la pièce : c’est là qu’il y a le plus de boulot.
Des tas monstrueux de livres au milieu de la pièce : c’est là qu’il y a le plus de boulot.
Le nombre d’exemplaires d’un même type varie avec la taille. Peu pour les gros, un peu plus pour les moyens, beaucoup plus pour les petits. Une étagère et une grande étagère centrale par genre, et de mémoire six bacs de simples par genre.

Des vraies couvertures, et ça se voit
Les couvertures ne sont pas dessinées pour le jeu. Ce sont de vrais comics, récupérés dans le domaine public, scannés puis habillés pour former les collections. Ça change tout à l’écran : les séries ont une patine, des traits d’impression, des couleurs de vieux papier, et une étagère ressemble à une étagère au lieu d’un mur de vignettes génériques.
Le jeu pousse la logique jusqu’à laisser remplacer les couvertures par les vôtres. Les moddeurs vont s’en donner à cœur joie, et c’est une bonne idée : dans un jeu où l’on passe des heures à lire des couverture, l’habillage compte autant que la mécanique.

C’est ici qu’il va ?
Impossible de poser n’importe où. Si l’emplacement ne convient pas, tu es bloqué, et l’emplacement devient vert seulement quand la pose est possible. Le retour visuel remplace le tutoriel : pas de flèche, pas de surbrillance permanente, juste un feu vert au bon moment.
La règle du bac est plus stricte qu’elle n’en a l’air. Une fois un comics simple posé dans un bac, tous ceux du même exemplaire doivent rejoindre ce bac. Tu ne tries pas seulement par genre, tu tries par série, et tu dois te souvenir de ce que tu as déjà commencé.

Des pouvoirs pour devenir une machine à trier
Le premier pouvoir débloqué est le plus utile. Comics en main, on appuie, et tous les exemplaires similaires présents dans la boutique passent en surbrillance. Quelques secondes, pas plus. Assez pour repérer une pile, pas assez pour traverser la pièce.
On finit par devenir une vraie machine à ranger et à trier.
Les autres arrivent au fil de la progression, et le jeu ne simplifie pas le tri, il l’accélère. On finit par devenir une vraie machine à ranger et à trier. Une run sans pouvoir reste possible pour les plus téméraires.

Trois heures treize et un « cling »
Il n’y a pas vraiment de fin. Une fois tout rangé, le jeu donne ton temps et te classe, et le classement est permanent. J’ai bouclé ma run en 3h13, pour une treizième place. Le rythme tient de bout en bout, sans essoufflement sur la dernière heure.
La récompense sonore est rare, et c’est ce qui la rend bonne. Un « cling » signale une collection complétée, et il ne tombe pas souvent. Le reste des bruits est assez générique, il faut le dire.
Côté succès, 30 sur 32 au premier essai. Il reste finir en moins de trois heures et faire une run sans pouvoir. Pour les complétionnistes, ce sont deux objectifs nets, pas une liste de corvées.

Un quart d’heure, un Deck, et ta propre playlist
Le format est le vrai argument. Quinze à trente minutes par session, reprise instantanée en veille, et le jeu se relance sans cérémonie. On a un quart d’heure à tuer, on range des comics. Jouable sous Linux, testé sous Bazzite et sur mon Steam Deck via SteamOS, sans le moindre accroc.
Le seul vrai défaut est musical. Les musiques sont redondantes et pas forcément extraordinaires. Je conseille de parcourir le jeu avec sa propre playlist, celle de l’équipe est en ligne si vous cherchez des idées.
À 5,79 €, le calcul est vite fait.
- Aucune indication d’emplacement, le tri se mérite
- Le vert qui autorise, un feedback sans tutoriel
- Des pouvoirs qui accélèrent le tri sans le simplifier
- De vraies couvertures de comics scannées
- Le cling rare des collections complétées
- Parfait en sessions de 15 à 30 minutes sur Deck
- Musiques redondantes
Je ne mets pas de note, et ce n’est pas une esquive : je connais le développeur par réseau interposé, j’ai testé sa bêta et signalé quelques bugs. Un chiffre sur vingt donnerait à ce texte une autorité qu’il n’a pas. Ce que je peux affirmer, c’est que j’ai passé trois heures treize dans cette boutique sans voir le temps filer, et que j’y retournerai pour les deux succès qui me manquent. À 5,79 €, vous ne risquez pas grand-chose à vérifier si le rangement vous branche.



