Kusan: City of Wolves, Fast and Furries

Qu’on le veuille ou non, le jeu vidéo est une éternelle boucle de copier/coller et d’inspiration. L’un copie l’autre. L’autre inspire l’un.

Si cette dynamique a permis à des chefs-d’œuvre comme Super Mario 64 de révolutionner l’industrie ou à FromSoftware de créer un genre à part entière, le revers de la médaille brille parfois bien moins. C’est aussi à cause d’elle qu’il s’est mis à pleuvoir moult systèmes de paravoiles génériques et une pléthore de Souls-like sans aucune saveur.

Kusan: City of Wolves, notre client du jour, puise quant à lui son inspiration du côté de l’excellent Hotline Miami. Mais alors, mauvais clone opportuniste ou sérieux descendant spirituel ?

Le Petit Chaperon Rouge n’aurait pas fait long feu

Bienvenue dans la cité des loups ! Et bien qu’il n’y ait aucun lien avec le Cap d’Agde, ici, tous nos protagonistes et antagonistes sont à poils. En effet, la métropole dystopique de Kusan est entièrement peuplée d’êtres anthropomorphes, ce qui n’est d’ailleurs pas pour déplaire à ce bon Astérion.

On y incarne Jin, une panthère noire et ancien soldat d’élite devenu mercenaire, lourdement hanté par son passé militaire. Sa routine sombre et sanglante bascule le jour où il croise la route d’Anya, une fillette détentrice d’une technologie capable d’altérer l’équilibre des forces de toute la ville. Devenue la cible prioritaire des gangs les plus dangereux, des forces de sécurité privées et des anciens frères d’armes de Jin, la gamine n’a plus que nous pour la protéger. Pour la garder en vie et lever le voile sur la conspiration qui menace d’embraser Kusan, Jin n’a d’autre choix que d’affronter ses propres démons et de s’ouvrir un chemin de sang à travers une ville où la violence reste le seul langage universel.

Le tout emballé dans un superbe style de BD animée qui fait mouche.

Comptez environ cinq heures de jeu selon votre skill pour boucler le scénario. L’histoire est vraiment sympa à suivre, portée par un découpage en trois chapitres particulièrement bien rythmés, le tout emballé dans un superbe style de BD animée qui fait mouche.

Histoire de Kusan City of Wolves au format BD

Pas si Hotline, pas tant Miami

Ce qui frappe d’emblée quand on se lance dans l’aventure, c’est à quel point le titre rappelle Hotline Miami. Et pourtant, la comparaison s’arrête finalement assez vite tant il refuse de singer bêtement son modèle. Alors oui, le pixel art, la caméra en vue du dessus, le principe de nettoyage de pièces sur le papier… Tout ça fait écho. Mais le reste est suffisamment, et subtilement, différent pour que l’expérience propose sa propre identité.

Kusan: City of Wolves, Fast and Furries

La Pat’Patrouille qui dérouille !

Chaque niveau se découpe en plusieurs tableaux qu’il faut entièrement vider de leurs occupants. Obtenir une note allant de C à SS (rien à voir avec les… vous voyez quoi), passer au suivant, et ainsi de suite.

Pour ce faire, Jin dispose de trois outils principaux :

  • Un couteau de lancer.
  • Une arme à feu.
  • Son bras bionique, option parry et patate de forain.

Le système de compétences est d’une efficacité redoutable.

Couplez ça à un très bon arbre de compétences qui saura vous rappeler vos meilleures parties de Tetris ou vos séances de rangement d’inventaire sur Resident Evil 4. Chaque compétence prend une forme géométrique précise qu’il faudra imbriquer intelligemment pour vous bâtir un build destructeur. Le système est d’une efficacité redoutable. Vous pourrez ainsi, selon vos envies, faire revenir votre couteau de lancer automatiquement comme un boomerang, troquer votre pistolet pour un fusil à pompe dévastateur, ou envoyer valser les caisses du décor à la truffe de vos ennemis d’un coup de poing bien placé.

L'inventaire de Kusan City of Wolves

Un flow qui a du chien !

Manette en main, il faut se le dire : ça envoie du lourd ! Tout ce que propose Kusan dans son gameplay fonctionne au millimètre et offre une prise en main extrêmement plaisante. Lancer son couteau, aligner quelques balles, parer une attaque au corps-à-corps et contre-attaquer avec hargne…

C’est une véritable chorégraphie sanglante qui s’offre au joueur.

Mais le feeling ne fait pas tout. Le bestiaire est solide et l’on apprend vite à analyser les priorités pour savoir quel ennemi dessouder en premier. Le placement de ces derniers ne m’a d’ailleurs jamais paru injuste, un excellent point quand on sait à quel point l’équilibre peut vite être rompu dans ce genre de titre (coucou Hotline Miami 2). Le level design, bien qu’un brin répétitif sur la longueur, gagne en verticalité grâce à des échelles permettant de contourner les zones, et à des murs destructibles parfaits pour improviser de nouveaux raccourcis. Mention spéciale aux décors qui explosent dans tous les sens sous les impacts : c’est 100 % Michael Bay Approved.

Par moments, le jeu casse sa routine en vous proposant un combat de boss, une phase de défense où il faut protéger un allié contre des vagues d’ennemis, ou même une virée à fond la caisse au volant d’une grosse cylindrée. Ces respirations font un bien fou à la progression… Mais elles sont malheureusement beaucoup trop rares. Dommage.

Affrontements dans Kusan City of Wolves

Ambiance visuelle et sonore : la petite boule de poils

Pour un jeu du genre, l’enrobage visuel et sonore doit théoriquement vous en mettre plein la vue et les oreilles. Ici, le bilan est plus mi-figue, mi-raisin. Visuellement, son pixel art n’aura jamais réussi à m’emballer complètement. Manque d’animations ? Choix de la colorimétrie ? Ou simple question de goût ? Difficile à trancher. J’adore le pixel art en temps normal, mais il ne constitue pas la plus grande force du titre à mes yeux.

J’adore le pixel art en temps normal, mais il ne constitue pas la plus grande force du titre à mes yeux.

Du côté de l’OST, la proposition est très cool, avec une mention spéciale pour le thème du menu principal qui reste bien en tête. Le hic ne vient pas de la qualité des compositions, mais de leur répétitivité. Les boucles musicales sont trop courtes, et étant donné que vous allez mourir, souvent et en boucle, un sentiment de lassitude sonore finit par s’installer. Un autre petit rendez-vous manqué.

Kusan: City of Wolves, Fast and Furries

Fiche Test
ÉditeurPQube
DéveloppeurCIRCLEfromDOT
Date de sortie30 juillet 2026
PlateformesPC / PS5 / Xbox Series / Switch
Public+16
Fourni par l'éditeurOui
Testé surSwitch 2
Temps de jeu3h30
Points positifs
  • +Un gameplay nerveux et gratifiant
  • +Le système de compétences
  • +Une vraie personnalité
  • +Direction artistique BD réussie
  • +Level design dynamique
  • +Prix attractif
Points négatifs
  • Bande-son trop répétitive
  • Pixel art clivant
  • Variété sous-exploitée
Note
15,5/20

Alors qu’on pouvait craindre un simple clone paresseux d’Hotline Miami, Kusan: City of Wolves s’impose comme une très belle surprise. Le genre de titre qui n’est certes pas parfait, mais qu’on prend un plaisir fou à parcourir de bout en bout. Pour un prix plus que raisonnable, c’est une belle poignée d’heures de violence décomplexée et d’action effrénée qui s’offre à vous.

Foxx
Foxx

Passionné de JV depuis toujours et fils illégitime d'Hideo Kojima