Keep Driving, le road-trip de la galère !

L’essence est bientôt à 3 euros le litre, alors autant vous dire que je ne prends le volant que pour les grandes occasions. Par contre, à la manette, la question ne se pose plus ! À moi les longues virées avec Keep Driving !

Keep Driving, c’est quoi ?

Sorti en février 2025 sur PC, Keep Driving est le nouveau jeu du studio indépendant suédois Y/CJ/Y Games. Un road-trip original et unique, mélange de plusieurs genres (RPG, gestion, tour par tour, roguelite…) qui a reçu un accueil critique dithyrambique.

Le titre a tiré son frein à main sur consoles ce 28 septembre 2026 (PS5, Xbox Series et Nintendo Switch). L’occasion pour moi de voir si ce road-trip vidéoludique mérite vraiment qu’on attache sa ceinture.

En voiture, Simone !

Début des années 2000, vous êtes jeune et avez l’été devant vous. Vous venez d’acheter votre premier véhicule et vous recevez une lettre. Une invitation pour un festival à l’autre bout de cette Suède fictive. À vous l’aventure !

Mais avant toute chose, avant même de prendre la route, il vous faut faire quelques choix, histoire de déterminer dans quelles conditions vous vous lancez dans ce road-trip.

Sélectionnez votre genre, conducteur ou conductrice. N’ayez crainte, aucun créneau au programme : vous pouvez choisir une femme sans risque ! Ensuite, donnez une note sur 5 à votre relation avec vos parents, choisissez une profession, un colis de départ et, enfin, un véhicule.

Ici, tout a un impact. Votre situation de départ, vos choix, votre véhicule : chacun de ces éléments vous donnera des avantages et influencera votre périple. À vous de tester plusieurs combinaisons au fil de vos différentes virées. Car oui, Keep Driving est aussi un jeu qui invite à recommencer pour découvrir d’autres possibilités et d’autres fins.

Keep Driving : le bureau de placement et ses offres d'emploi

On the road again and again and again !

Comment se déroule une partie, donc ? Comme tout bon road-trip, en plusieurs étapes.

Ouvrez votre map : celle-ci est composée de plusieurs points d’arrêt reliés par de nombreuses routes, diverses et variées. Allez de ville en ville, le but étant d’atteindre l’une des nombreuses fins. Mais n’oubliez pas : le plus important n’est pas la destination, mais le voyage.

Enfin, en théorie… Laissez-vous donc porter par un objectif, vos envies, vos rencontres. Profitez des quelques moments de calme et faites face à vos galères, car elles seront nombreuses !

Il est temps de prendre la route pour de bon. Choisissez un lieu qui vous servira de stop, d’aire de repos et de ravitaillement. Chacun de ces lieux peut vous permettre de faire le plein d’essence, d’acheter des vivres et d’autres ressources utiles, d’effectuer des réparations ou des modifications sur votre véhicule, de faire des rencontres, d’aller se taper la balade en forêt et même de remplir des missions ou de travailler contre quelques billets bienvenus. Bref, vous avez de quoi vous occuper. Mais attention, pour arriver à bon port, prenez bien en compte la nature de la route : autoroute, route de campagne ou encore route en travaux. Encore une fois, tout a un impact. Rouler de jour ou de nuit aussi.

Chaque décision compte, et c’est justement ce qui fait le charme de Keep Driving. Vous devez constamment jongler entre vos ressources, l’état de votre véhicule et vos envies. Vous avez envie de faire un détour ? Pourquoi pas ! Mais en avez-vous vraiment les moyens ?

Plein gaz vers votre prochain arrêt, donc ! Et c’est sur la route que vous ne serez finalement jamais bien tranquille.

Votre HUD est bien fourni et demandera un petit temps d’adaptation et de compréhension :

  • Une jauge de fatigue.
  • Une jauge de durabilité du véhicule.
  • La jauge d’essence.
  • Un affichage des altérations possibles et la boîte à gants, faite pour accueillir des outils bien pratiques.

Pendant le trajet, ouvrez votre menu principal pour faire une sieste, consulter votre journal, gérer votre XP, organiser le rangement de votre coffre ou encore mettre de la musique (j’y reviendrai). D’ailleurs, le menuing est loin d’être véritablement intuitif et constitue l’un des défauts du titre. Bref.

Keep Driving, le road-trip de la galère !

Sur ces routes, rien de plus simple : avancez. Profitez quand même du joli pixel art des paysages qui défilent horizontalement. Enfin, profitez-en tant que vous le pouvez, parce que vous n’allez pas rouler bien longtemps avant qu’un événement vienne vous interrompre. Et c’est là que les choses se compliquent. Sur tous les trajets, vous allez croiser des événements divisés en trois catégories.

D’abord, les phases d’introspection. Rien de bien compliqué : il suffit de faire un choix de dialogue intérieur qui donnera un léger bonus ou malus à l’une de vos jauges. Une petite pause qui permet de donner un peu de personnalité à votre périple.

Ensuite, les rencontres. Vous pouvez notamment prendre un auto-stoppeur en route, qui s’avérera fort utile pour la suite de votre aventure.

Et pour finir, les obstacles. Alors là, ça peut être beaucoup de choses : un bouchon, un arbre tombé sur la route, les gilets jaunes ou encore votre belle-mère qui fait du bruit depuis le coffre de votre véhicule.

Mais, bien que l’origine du problème varie, la finalité reste la même : vous entrez directement dans une phase d’action.

Pour faire simple, c’est du tour par tour. Les menaces sont représentées par des logos qui, au moment de l’attaque, impactent l’une de vos jauges : essence, fatigue, argent… Pour empêcher cela, vous disposez, à votre tour, d’une action pour contrer le plus efficacement possible les attaques en faisant correspondre les logos de vos capacités à ceux des menaces. Vous me suivez ?

C’est là que les objets stockés dans votre boîte à gants peuvent servir. De surcroît, leur utilisation ne compte pas comme une action. Pour le reste, il faudra compter sur des cartes et des aptitudes que vous pouvez gérer et organiser au fil de votre périple et de l’expérience acquise. Vous pouvez également compter sur vos auto-stoppeurs, qui disposent de leurs propres aptitudes et de leur propre expérience.

Sur le papier, le système est plutôt malin. Vous devez anticiper les menaces, gérer vos ressources et exploiter au mieux les capacités à votre disposition. Chaque obstacle vous demande de vous adapter, et une mauvaise décision peut rapidement compliquer la suite du voyage. C’est là toute la dimension stratégique de Keep Driving. Vous n’êtes pas simplement au volant d’une voiture : vous devez gérer tout ce qui vous permet de continuer à avancer.

Et si vous vous plantez, tout n’est pas perdu ! Vous tombez à court d’essence ou êtes mort de fatigue ? Votre véhicule est HS ? Vous avez toujours la possibilité, selon les ressources encore disponibles, d’aller chercher de l’essence à pied, d’appeler une dépanneuse ou même votre précieuse môman pour qu’elle vous fasse un virement.

Faites des gosses, hein !

Le jeu prévoit donc différentes solutions pour vous sortir de la galère. Une bonne chose, puisque votre aventure ne s’arrête pas nécessairement au premier problème venu.

Mais voilà, si cette mécanique fonctionne plutôt bien au départ, elle va malheureusement finir par me poser un sérieux problème.

Keep Driving : la voiture confrontée à un gang de motards

Attention, crevaison lente !

Keep Driving est plein de qualités, mais ses obstacles et ses séquences d’action au tour par tour ont entaché mon expérience. Et pourtant, ce ne sont pas les bonnes idées qui manquent !

Je vous avais dit que je reviendrais sur l’OST. Elle est géniale ! Vous avez droit à une bande-son assurée par plusieurs groupes indépendants suédois, qui colle parfaitement à l’ambiance et que j’écoute personnellement sur mes trajets pour aller me faire enfiler à la station d’essence. Ce que j’aime, c’est la manière dont elle est implémentée au sein du soft. Il faudra trouver des CD, aller dans votre menu pour composer votre playlist et la lancer. Une manière d’apporter du réalisme dans ce jeu qui n’en a pourtant pas besoin visuellement.

D’ailleurs, c’est une volonté générale de Keep Driving et l’une de ses qualités : tout est pensé pour donner de la cohérence à votre aventure. Pour seul exemple, et afin de vous laisser découvrir tout ceci par vous-mêmes, si vous avez dans votre coffre des aliments qui nécessitent une préparation (pommes de terre, café…), il vous faudra l’équipement nécessaire pour les consommer.

Ce genre de détail peut paraître anodin, mais il participe pleinement à l’immersion. On ne se contente pas d’accumuler des ressources dans un inventaire en attendant de les utiliser. On doit réfléchir à ce que l’on emporte, à ce dont on aura besoin et à la manière dont on va s’en servir. C’est précisément ce que j’attends d’un jeu de gestion de ce genre : une mécanique qui a du sens et qui renforce le sentiment de vivre une véritable aventure.

Et c’est d’autant plus dommage que le jeu possède cette capacité à nous donner envie de reprendre la route, de découvrir ce qui se cache derrière le prochain arrêt et de voir où nos décisions vont nous mener. Mais voilà, ce qui aurait pu être un road-trip plein de beaux souvenirs s’est transformé en road-trip de la galère à cause des obstacles croisés sur la route.

Keep Driving, le road-trip de la galère !

Le souci, c’est que ces événements reviennent constamment, sur toutes les routes, et bien trop souvent. Et c’est là que Keep Driving finit par se tirer une balle dans le pied. À force de vouloir nous mettre des bâtons dans les roues, le jeu finit par nous empêcher de profiter de ce qu’il a pourtant de meilleur à offrir : le voyage.

Au départ, ces phases d’action sont intéressantes. Elles nous obligent à réfléchir, à anticiper et à gérer intelligemment nos ressources. On prend le temps de comprendre les mécaniques, de découvrir les capacités disponibles et d’apprendre à gérer les différentes menaces. Sauf qu’à force de les enchaîner, le plaisir laisse progressivement place à la lassitude.

Le problème n’est donc pas nécessairement le système de combat en lui-même. À la manette, ça fonctionne plutôt bien. Les mécaniques sont bonnes et les possibilités sont là. Mais quand on se retrouve à gérer des obstacles trois fois par route, la répétition devient difficile à supporter.

On finit par anticiper les événements moins avec curiosité qu’avec un soupir. Encore un obstacle ? Encore une séquence au tour par tour ? Allez, c’est reparti… Et c’est dommage, parce que ces interruptions finissent par casser le rythme du voyage. Là où le jeu devrait nous laisser souffler, profiter des paysages, écouter sa bande-son et réfléchir à la suite de notre périple, il nous ramène constamment à une mécanique qui a déjà eu le temps de montrer tout ce qu’elle avait à offrir.

Le pire, c’est que ces séquences peuvent aussi se montrer punitives. Une mauvaise gestion de vos ressources ou un événement mal négocié peut compliquer sérieusement votre progression. Alors oui, le jeu prévoit des solutions pour se sortir de ces situations, et c’est appréciable. Mais cela ne change pas le fond du problème : on passe parfois davantage de temps à gérer les galères qu’à profiter de son road-trip.

Et pour un jeu qui porte justement le voyage au cœur de son concept, c’est un comble ! C’est cette répétition, et donc cette répétitivité des phases d’action, qui aura eu raison de moi. Elle représente, à mes yeux, le véritable gros défaut du titre.

Le reste ne serait que du chipotage. Le menuing pourrait être plus intuitif, certaines fins sont peut-être un peu trop abruptes et j’aurais apprécié quelques éléments de gestion supplémentaires, comme des prix différents dans les stations d’essence, ainsi que d’autres petits détails par-ci par-là. Mais tout ça reste secondaire face à ce qui m’a véritablement gêné.

Keep Driving : rangement du coffre et courses à l'épicerie
Fiche Test
ÉditeurYCJY Games
DéveloppeurYCJY Games
Date de sortie28 septembre 2026 (sur consoles)
PlateformesPC, PS5, Xbox Series et Nintendo Switch
Public+18
Fourni par l'éditeurOui
Testé surPS5
Temps de jeu5h
Points positifs
  • +Une OST de très grande qualité
  • +Une proposition variée, mais surtout originale
  • +Une gestion réaliste dans son ensemble
  • +Une direction artistique et une ambiance qui fonctionnent à merveille
Points négatifs
  • −Un menuing pas assez intuitif
  • −Les phases au tour par tour : trop, c'est trop
Note
14/20

Keep Driving aurait pu être l’un des jeux indépendants de mon année 2026, mais malheureusement, son plus gros défaut a beaucoup trop entaché mon expérience personnelle. Et c’est frustrant, parce que je ressors de cette aventure avec un sentiment assez paradoxal. J’ai apprécié son univers, son ambiance, sa bande-son et cette proposition originale qui donne envie de prendre la route sans trop savoir ce qui nous attend.

Mais j’ai aussi eu l’impression que le jeu lui-même m’empêchait de profiter de tout ça. Je salue donc l’originalité et les qualités de Keep Driving, qui reste une proposition intéressante et qui mérite qu’on s’y attarde.

Si le concept vous tente, laissez-vous tenter par l’expérience. Vous pourriez très bien accrocher là où j’ai fini par décrocher. Parce qu’au fond, dans Keep Driving, le plus important n’est pas la destination, mais le voyage.

Encore faut-il qu’on nous laisse en profiter !

Foxx
Foxx

Passionné de JV depuis toujours et fils illégitime d'Hideo Kojima