J’ai adoré The Guild 2 à l’époque sans jamais vraiment comprendre ce que je fabriquais. Je construisais, je produisais, je montais des affaires, et je passais surtout mon temps à jouer la comédie sociale. Ce qui me tenait, ce n’était pas l’économie, c’était la politique. Alors quand The Guild 1 Remake a pointé son nez, l’envie est revenue d’un coup. The Guild 3, je ne l’ai jamais lancé. Autant dire que je partais avec un souvenir idéalisé et une vraie curiosité.
Chapitrage
The Guild 1 Remake : cinq heures pour retrouver mes réflexes
Les débuts sont un peu abrupts, mais le tutoriel est suffisamment explicite pour qu’on comprenne ce qu’on a à faire. On n’est pas non plus dans une complexité abyssale : la gestion des marchandises et des stocks reste dans les codes du genre. Je démarre en roturier sur la ville conseillée pour une première partie, avec un emploi volontairement simple.
La boucle se met vite en place. Mon personnage est forgeron, il a des ouvriers, et il faut trouver le bon cercle de production. Moi, je fabrique des bagues en argent et des épées en fer, donc il me faut des lingots des deux métaux. Je les achète à la carrière avec ma charrette, puis j’enchaîne les allers-retours entre l’atelier et le marché pour écouler la production. Chaque journée jouée vaut une année, et le jeu démarre en 1410, ah ben comme par hasard.
Ma première journée positive, à plus de 124 pièces d’or, je l’ai vécue comme une vraie petite victoire après une heure de jeu.
À la fin de chaque année, un bilan tombe : ce que coûtent le personnel, la manœuvre, le commerce et les taxes, et ce que ça rapporte. Ma première journée positive, à plus de 124 pièces d’or, je l’ai vécue comme une vraie petite victoire après une heure de jeu. Plus tard, les ventes tournent autour de 700 à 800 pièces, avec quatre employés, une forge de niveau 2 et un métier au niveau 4.

Comment ça la politique c’est de la magouille ?
Le système social et politique fonctionne comme une pyramide. On accède à un grade en partant du rang inférieur, et l’électorat d’un poste, ce sont les grades du dessous. La renommée et l’opinion des autres comptent énormément, parce que ce sont elles qui ouvrent les fonctions de la ville.
Dans ma partie, je viens de postuler à la mairie. Le maire était décédé, la place était vacante, et les cartes se sont alignées. Cinq personnes occupent les deux grades inférieurs, quatre ont postulé dont moi, et les candidats ne votent pas. Il ne restait donc qu’une seule voix, celle de ma femme. J’ai gagné l’élection de façon parfaitement normale, et c’est là que les magouilles sociales prennent tout leur sens.
Les sièges ne se libèrent pas qu’à la mort de l’occupant : on peut aussi faire tomber quelqu’un par le meurtre, la diffamation, la plainte, ou le pousser à démissionner quand on détient des preuves contre lui.
La dynastie se gère de façon légère : trouver une épouse, avoir un héritier, envoyer des cadeaux, dépenser de l’énergie pour courtiser. J’ai trois enfants et j’ai choisi ma fille aînée pour prendre la suite, en la formant pour être efficace dès que je la jouerai. Une fois un certain niveau atteint, on peut déléguer : elle gère désormais la forge avec moi et automatise la production, ce qui me libère du temps pour le social et la politique pendant que mon personnage vieillit.
Le jeu a aussi ses revers. J’ai subi ma première attaque de chariot et je me suis fait piller. J’ai déposé ma première plainte contre un personnage, et je l’ai perdue faute de rhétorique suffisante, face à un adversaire plus riche et mieux placé socialement. J’ai même dû payer des frais de justice. Depuis, je paie des escortes très puissantes pour mes charrettes, et le combat, assez nébuleux à mon sens, se gagne sans que j’aie à m’en occuper.

Une technique propre, un jeu qui n’est pas beau et s’en fiche
Côté technique, rien à signaler. Je joue sur Bazzite, mon Linux habituel, avec tout à fond en Epic, et le jeu tourne entre 110 et 120 images par seconde, stable, sans la moindre chute et sans un seul plantage. Il reste du polissage : des collisions capricieuses, des personnages parfois figés, et des notifications à droite de l’écran, celles qui signalent les mouvements des rivaux, peu fiables.
Visuellement, on n’est pas sur une claque. L’esthétique illustre ce qui se passe, sans être le cœur du jeu, qui vit surtout dans ses menus. La carte m’a semblé peu lisible au début, mais c’était une question d’habitude : une fois qu’on dézoome et qu’on coche les bons filtres, tout fonctionne. La musique médiévale accompagne sans s’incruster, exactement ce qu’on demande à ce genre de jeu.
Sans le patch FR de la communauté, mon expérience aurait été beaucoup plus pénible.
Un point important : le jeu n’est pas en français de base. Je joue avec un mod communautaire qui traduit toute l’interface, et je vous met le lien à disposition, parce que sans lui, l’expérience aurait été nettement plus compliquée.

La boucle du forgeron
Ce qui tient, c’est l’accessibilité de l’entrée en matière, une boucle artisanat et logistique lisible, la gestion des charrettes et des stocks intuitive, et une vraie progression à trois étages : social, politique, business. La profondeur se dévoile par couches, sans jamais noyer le joueur, et c’était ma principale crainte. Elle est levée.
Le titre propose une vraie progression à trois étages : social, politique, business.
Ce qui lâche, c’est la difficulté économique, qui s’effondre une fois les cercles de production compris. Je joue au minimum : mes colliers en argent se produisent et se revendent presque sans effort, et je produis quasiment toute ma matière première en interne. Le combat, lui, ne résiste pas à des escortes payées. On est en version 0.4.5, en accès anticipé, et le jeu l’assume : il prévient lui-même que certaines lois et compétences de haut niveau sont encore partielles.

- Tutoriel efficace et lisible
- Le trio social, business et politique fait le travail
- Des mécaniques que l'on comprends assez vite
- Un vrai sentiment de progression
- Une ascension sociale au cœur du gameplay
- Une partie business qui manque de challenge
- Quelques bugs sur les notifications d'évènements
Après cinq heures, je suis très optimiste et curieux de voir où The Guild 1 Remake va aller. La base est solide, la politique demande encore à mordre vraiment, et j’ai bien l’intention de pousser ma partie plus loin, de monter en grade et de voir si la relève de mon personnage tient la route.



