L’avis du Vibromaster : Dynasty Warriors 9 Empires, le guide du petit conquérant

L’avis du Vibromaster : Dynasty Warriors 9 Empires, le guide du petit conquérant

19 février 2022 0 Par Noopinho
Bonjour à tous !

Bienvenu dans ce test de Dynasty Warriors 9 Empires, sorti le 15 Février 2022 sur tous les supports. Que vaut cette sixième itération du spin-off “Empires” plus orienté gestion de la fameuse série de Muso de Koei ?

Rassemblez vos armées et préparez-vous à matraquez vos manettes, c’est l’heure de conquérir la Chine…


Arriver à pied par la Chine…

Avant toute chose, il me semble important de vous expliquer pourquoi il sera très difficile de juger du scénario du titre. Dynasty Warriors possède, sous ses aspects simplistes, un lore extrêmement dense bourré de personnages iconiques vivant chacun leurs petites histoires au milieu d’une bien plus grande. Un lore passionnant qui mérite qu’on s’y attarde (ce qui est d’ailleurs possible vu que le jeu offre un accès à une encyclopédie très fournie) mais qui n’est absolument pas exploité dans les versions Empires. Tout simplement car dans ces opus spéciaux, la cohérence est totalement laissée à l’abandon étant donné que le but sera de conquérir toute les regions du jeu.

Plusieurs options s’offrent alors à vous, tout d’abord il faudra choisir un scénario de départ qui définira l’attribution des régions et ressources disponibles, puis vous devrez sélectionner votre personnage principal (vous serez tout de même libre de contrôler d’autres officier en jeu). Vous pouvez commencer en tant que Seigneur, à la tête d’une région et d’une petite armée. Choisir le rôle d’officier pour servir un seigneur ou bien encore choisir de n’être qu’un simple vagabond explorant les régions à la recherche d’un seigneur à servir ou d’une armée à former.

Le jeu ne propose pas ou peu d’intérêt scénaristique en surface, tout en laissant aux joueurs la possibilité d’écrire une grande histoire.

C’est donc ici que commencera votre histoire et même si plusieurs cinématiques, toutes extrêmement simples, permettent de représenter les relations entre les personnages, il sera difficile d’évaluer ce point. En effet le jeu est fait de telle manière qu’il sera avant tout une sorte de “boîte à histoire” qui sera plus ou moins utilisée par les joueurs. Par exemple on pourra se contenter d’enchainer les conquêtes, mais le jeu laisse également la possibilité de créer des centaines d’avatar pour créer tout un lore supplémentaire grâce à l’éditeur de personnages. Un éditeur qui sera certainement le plus abouti de la série mais qui restera en dessous de la plupart des autres éditeurs de personnages disponibles.

En somme, le jeu ne propose pas ou peu d’intérêt scénaristique en surface tout en laissant aux joueurs la possibilité d’écrire une grande histoire mais qui sera quoi qu’il arrive très pauvrement mise en scène…


Baston + blabla = Blablaston

Et le gameplay dans tout ça ? Le jeu se distingue entre deux gros pans de gameplay : le combat et la gestion. Commençons par le combat voulez-vous ?

Dynasty Warriors 9 fait dans le classique tout en modifiant légèrement le gameplay de la saga originale en remplaçant les attaques lourdes par des coups contextuels à effectuer quand la touche apparait en gros au-dessus de la tête d’un ennemi. Il n’y a rien de réellement intéressant à dire sur le gameplay des affrontements lui-même tant ils restent dans la droite lignée de ce que la saga propose, je vous renvoie d’ailleurs au test de Samurai Warriors 5 si vous voulez plus de détails.

Mais si le gameplay des combats restent le même, la structure des batailles se trouve être légèrement modifié. Dynasty Warriors 9 faisait le pari risqué de proposer un open world qui aura assez largement déçu les joueurs. Même s’il reste présent dans ce spin off dans une forme légèrement différente (nous y reviendront) l’échelle des batailles est très largement réduite. Les maps sont en effets très petites en termes de superficie pure mais se base maintenant sur un système de siège. Si vous attaquez, il vous faudra alors sécuriser une route afin de construire des engins de sièges comme des tours ou des béliers pour ensuite pénétrer dans les places fortes et abattre le seigneur ennemi. Dans le cas d’une défense le système est tout simplement inversé et il vous faudra maintenir votre emprise sur les bases locales afin d’empêcher la progression des engins adverses.

Petite subtilité cependant, l’introduction des Plans Secrets. Avant de débuter une bataille, vous aurez accès à certaines stratégies en fonction des officiers disponibles ou de votre rang. Ces stratégies sont assez variées dans leurs effets (arrivé de renforts, soulèvement populaire en votre faveur, invocations d’animaux légendaires, etc) et vous demanderont d’effectuer des objectifs dans un temps imparti afin de les activer. Si cette fonctionnalité reste assez basique, elle reste un bon moyen de renouveler légèrement l’intérêt des batailles qui comme souvent restent très répétitives et risqueront de lasser les joueurs qui ne seront pas adeptes de la formule. Bien entendu il sera également possible de donner des ordres à vos officiers soit via le menu pause, soit en les croisant sur le champ de batailles. Avec cette seconde option les choix seront plus limités mais aussi plus dynamique pour le joueur qui ne souhaiterais pas s’attarder sur cet aspect.

Mais le gros morceau du jeu et ce qui fait la spécificité du mode Empires c’est bien sa partie gestion. Et selon votre rang, les possibilités offertes seront très différentes !

Pour ce qui est des points communs déjà, sachez que quelle que soit votre sélection en début de partie, vous serez libre d’explorer l’open world afin de rencontrer des personnages et de former des relations avec eux ou les recruter, aménager votre petite maison… Mais le monde reste affreusement vide et ne propose absolument aucun intérêt réel. Les décors sont vides et bien trop vastes pour ce qu’ils proposent mais Koei semble tout de même avoir compris la faiblesse de ce monde en proposant au joueur de faire toutes les interactions possibles via un menu. Vous regardez une map, sélectionnez un officier et interagissez avec lui sans jamais avoir à marcher. Un très bon point vu que le recrutement est une partie essentielle de tout bon empire qui se respecte.

Quant à la structure de la partie gestion, elle s’articule autour d’un système de tour, chaque tour correspondant à un mois. Chaque action, que l’on parle de décision politique, de gestion, de recrutement ou de batailles, consomme un tour. Tous les 6 mois (tours donc) vous participerez au conseil de guerre et déciderez des objectifs à fixer. Vous pouvez très bien par exemple former des alliances avec les royaumes adjacents au votre et profiter du répit pour consolider votre armée ou développer le commerce ou vos relations. Si tout reste relativement simple, il restera plaisant de mener notre petit royaume en prenant soin, ou pas, de nos régions. Car oui vous pourrez être un seigneur charitable qui est aimer de ses sujets, ou bien agir en véritable tyran pillant sans cesse les villages sous son joug et craignant de se faire trahir à chaque tour. Etre seigneur n’est pas de tout repos, mais heureusement pour vous, vous pourrez vous contenter de servir en tant qu’officier.

Si la gestion reste relativement simple, il reste plaisant de mener notre petit royaume en prenant soin, ou pas, de nos régions.

En tant que général, vous ne prendrez pas de décisions mais exécuterez les ordres de votre seigneur et tenterez d’atteindre les objectifs fixés. Plus vous monterez en grade plus vous aurez d’options. Et si le rôle de seigneur venait à vous manquer, vous pourrez toujours former une coalition et renverser votre seigneur… Mais dans les faits le rôle d’officier reste moins intéressant que celui de seigneur, et cela ne fait qu’empirer avec le rôle de vagabond.

Dans les précédents opus, le joueur avait accès à des quêtes secondaires qui permettaient de gagner un peu d’argent ou d’armes par exemple, mais pour une raison inconnue, le studio s’en est débarrassé ! Par conséquent le seul objectif du mode vagabond (ou “officier libre”) est de rejoindre un seigneur ou de monter une révolte. On perd très vite toute envie d’utiliser ces rôles pour se concentrer sur la gestion d’un royaume en tant que seigneur. Finis donc de jouer les guerriers solitaires qui se crée sa petite troupe avant de rejoindre un seigneur juste et brave…

Ce qui est d’autant plus dommage étant donné qu’on peut évoluer, c’est à dire commencer en tant qu’officier libre, rejoindre un seigneur avant d’en devenir un nous-même mais que l’inverse est également possible. Devenir empereur avant de désigner un successeur que l’on assistera en tant que général, ou tout quitter pour partir aider la veuve et l’orphelin sont des options séduisantes sur le papier, mais on se sentira vite limité par le manque d’option. Un vrai retour en arrière par rapport à l’épisode 8 qui était pour ainsi dire le top du top à ce niveau-là.

Un résultat en demi-teinte donc, voire même un peu décevant tant toute la partie “officier” du jeu semble manquer d’intérêt et de possibilités. Dommage donc.


La Chine et ses trois cailloux dans des champs vides

Concernant la partie technique du titre, personne ne sera surpris d’apprendre que le jeu est très en retard graphiquement. Les décors sont vides et trop vastes, les pnj sont simples et manquent de détails et le jeu n’as plus ou moins aucune audace là où le dernier jeu du studio Samurai Warriors 5 (encore lui) optait pour du Cel Shading. Mais quand on achète un jeu du studio on sait en général à quoi s’attendre même s’il est dommage de voir que le studio ne fait pas vraiment d’efforts à sujet. Seuls les modèles de personnages principaux s’en sortent plutôt bien avec des costumes souvent réussis et même assez beaux. L’optimisation du jeu pose aussi problème à cause de temps de chargements affreusement nombreux ! La moindre action en mode gestion sera prétexte à l’apparition d’un loading..

Le jeu est enfin traduit en français, une première pour la série depuis le sixième opus.

Niveau bande-son, si rien n’est vraiment mémorable et que les doublages japonais sont bons, il me semble très important de souligner la traduction en français de l’intégralité des textes du jeu. Non seulement la traduction est bonne, mais quand on sait que tous les episodes de la série depuis le sixième opus (spin off y compris) étaient uniquement en anglais, cette intention fait de ce DW 9 Empires une bonne introduction pour les curieux. Surtout vu l’importance de la partie gestion qui demandais jusque-là de bonnes bases dans la langue de Shakespeare.

Dernier point sur la durée de vie : conquérir la Chine est au final assez rapide et ne demandera pas plus de 7 ou 8 heures maximum, mais l’intérêt du jeu se trouve dans sa rejouabilité et la multiplicité des situations que vous pourrez rencontrer. Mais comme pour tous les Muso, la quasi intégralité du titre repose sur un gameplay qui sera soit addictif, soit très vite lassant. Et le manque de possibilités pour les rangs autres que ceux de souverains viens encore ébranler cette rejouabilité…


Fiche d’identité du jeu
  Edité parKoei Tecmo Games  Public+12
  Développé parOmega Force  Fourni par l’éditeurOui
  Date de sortie15 février 2022  Testé surXbox Series X
  PlateformesPC, PS4, PS5, Switch, Xbox One, Xbox Series  Temps de jeu10h
Les points positifs
Les points négatifs
• Un aspect gestion assez poussé• Jouer un officier n’as presque plus d’intérêts
• Les plans secrets• Techniquement très en retard (chargements superflus, graphismes digne de la PS3)
• Une traduction française intégrale !• Où sont les quêtes secondaires ?
 
Note finale : 11/20
Gameplay : 3,5/5 | Durée de vie : 3/5 | Histoire/Univers : 2,5/5 | Direction artistique/Graphismes/Ambiance sonore : 2/5

En enlevant certaines fonctionnalités au jeu, Koei en a rendu toute une partie quasiment obsolète ce qui est vraiment dommage quand le fait de pouvoir incarner un simple officier, ou un nomade, était une des meilleures idées des opus précédents. Si les bases restent solides et que les fans y trouveront tout de même leurs plaisirs, on ne peut que regretter l’absence des quêtes secondaires par exemple, qui pouvaient donner un tout autre intérêt à une partie. Cela dit le jeu reste tout à fait correct, même bon lorsque l’on incarne un seigneur grâce à l’aspect gestion qui est certainement le plus poussé de la série. Le jeu souffre de la comparaison avec l’opus précédant (8 Empires) mais il reste dans les faits un titre sympathique pour les fans sans oublier que sa traduction intégrale en fait une porte d’entrée idéale pour les curieux.

Signature Le Vibromaster