Buongiorno a tutti, et bienvenue dans cet avis Mafia The Old Country !
Le titre développé par Hangar 13 et édité par 2K Games est disponible depuis le 8 août 2025 sur Xbox Series, PlayStation 5 et PC. Après un remake de très bonne qualité de Mafia premier du nom, un Mafia II mythique et un troisième opus décevant pour de nombreux fans, ce nouvel épisode aura pour tâche de prouver que la série est encore pertinente aujourd’hui. Alors, pari réussi ?
Mi chiamo enzo
Mafia The Old Country nous propose d’incarner Enzo Favara, jeune carusu, autrement dit un mineur dans une exploitation de soufre. La vie est rude et notre protagoniste rêve d’une vie meilleure. Et ça tombe bien, puisqu’après un malheureux incident, il se retrouve contraint de fuir la mine pour échapper à ses tortionnaires, et se retrouve par chance recueilli par Don Torrisi, auprès de qui il devra faire ses preuves pour gravir les échelons de la Famille.
L’histoire d’Enzo et de la famille Torrisi, soutenue par un rythme parfaitement géré, est sans doute le plus grand point fort du jeu.
S’il y a bien une chose pour laquelle la série Mafia est portée en haute estime, c’est bien son scénario et l’ambiance qui l’accompagne (un point qui brillait même dans Mafia III, mais c’est un sujet pour un autre jour). The Old Country ne fait pas exception à la règle et on commence donc directement cet article avec le plus gros point fort du jeu.
L’histoire d’Enzo et de la famille Torrisi, si elle n’échappe pas à quelques clichés du film de mafieux, est vraiment agréable à suivre, car soutenue par un rythme parfaitement géré. On commence doucement, mais la sensation de montée en tension tout au long du jeu est vraiment palpable et, on le sait, les univers criminels sont toujours liés aux drames. Le jeu peut presque être fini en 2 ou 3 sessions à peine tellement l’enchaînement d’événements donne envie de garder la manette en main.

Bienvenue dans la famille
Mais une bonne histoire ne vaut pas grand-chose sans bons personnages. Le cercle qui se forme autour d’Enzo tout au long du jeu est assez restreint et le constat est un peu mitigé. Les personnages sont attachants et il est facile de s’investir avec eux, mais le problème vient du respect un peu trop formel des clichés du genre déjà évoqués plus haut.
Le problème donc, c’est que les personnages sont bons oui, Luca l’homme mature et sage, Cesare le jeune chien fou, Tino l’ancien, Don Torrisi et sa violence contenue, la jolie Isabella ou Enzo lui-même, mais la structure un peu trop sage du jeu laisse très vite deviner le sort de la plupart d’entre eux. Cela dit, rien de suffisant pour gâcher l’appréciation du jeu, qui proposera quelques surprises pour renouveler la tension jusqu’à mener à un final vraiment marquant.
Luca, Cesare, Tino, Don Torrisi… des personnages attachants, mais prisonniers de clichés qui rendent leur destin trop prévisible.
Donc oui, le scénario global est un poil cliché par moment, mais est-ce vraiment rédhibitoire ? Non. Si les bases sont sages, la combinaison du rythme, des personnages et surtout de la sublime musique qui accompagne le tout rend l’intrigue plaisante à suivre du début à la fin. D’ailleurs, pendant que le générique défilait sous mes yeux, j’ai eu ce sentiment de vide qui accompagne la fin de certaines histoires, une sensation douce-amère que la série semble si parfaitement maîtriser.

ANDIAMO DI NUOVO!
Mais quid du gameplay dans tout ça ? Mafia The Old Country est une sorte d’hybride entre jeu narratif et open world action/aventure.
Pour la partie narrative, on passe tout le long du jeu à suivre des objectifs dans des cadres restreints. L’open world est là, mais il sera rare de pouvoir l’explorer : vous aurez souvent des objectifs clairs et un ou plusieurs personnages à vos côtés pour vous rappeler de ne pas trop vous éloigner. Cela dit, pas de souci pour les amoureux de liberté, un mode exploration libre est disponible dans le menu principal et vous permettra d’explorer à volonté ces paysages vallonnés et verdoyants, et de vous y ennuyer.
Mafia The Old Country est avant tout un jeu qui mise sur sa narration et son ambiance, du coup l’open world paraît assez vite vide et peu intéressant quand on enlève l’histoire qui l’entoure. Heureusement, ce défaut ne se fait jamais ressentir au cours de l’aventure, mais pourra très facilement décevoir ceux qui auraient aimé rester un peu plus longtemps en Sicile…
Mafia The Old Country brille par sa narration, mais son open world vide et peu intéressant rappelle qu’on est là pour l’histoire avant tout.
D’ailleurs, pour explorer le monde, vous aurez accès à une nouveauté dans la série : les chevaux ! Et il faut le dire, arpenter la Sicile à cheval est assez agréable, même si cette nouveauté sera vite remplacée par les voitures qui feront leur retour, laissant les chevaux à l’écurie pendant que vous foncerez sur les routes de campagne au volant de voitures lourdes et moins réactives que dans les autres opus, normal, on est en 1904.
Et justement, la conduite occupera une place centrale dans le rythme du jeu, vu que vous passerez de longues minutes sur la route entre deux étapes d’une mission pour profiter des dialogues et de l’ambiance. Cela dit, le jeu a aussi le bon goût de proposer une option pour passer les trajets en maintenant simplement la flèche du haut enfoncée. Idéal pour la replay value ou simplement passer un trajet un peu long et pas forcément motivant.

T’appelles ça un couteau ?
Mais les déplacements et l’open world ne sont qu’une partie du titre, vu que l’autre, ce sont les affrontements.
Autre nouveauté de cet opus : le stiletto. Un couteau qui vous suivra partout dans vos aventures. À la fois outil de crochetage et arme blanche, votre fidèle pointu sera votre meilleur ami face aux assez nombreux combats qui vous attendront. Et pour mettre l’emphase sur cet outil, le jeu propose de vrais duels au couteau, avec un gameplay dédié à base d’attaques de taille, de coups d’estoc, d’esquives et de parades face à des ennemis avec une jauge de vie typique des jeux de versus.
Le stiletto, nouveauté de cet opus, apporte des duels intenses… mais répétitifs et manquant de finition.
Une idée très sympathique sur le papier, agréable manette en main, mais qui se révèle assez vite répétitive et facile à gérer. Chaque combat présente une 1ère phase, puis une petite cinématique en milieu de combat avant d’enchaîner sur une 2ème phase finale. Le jeu brisera cette règle une seule fois, ce qui est bien trop peu vu le nombre de coups de couteau que vous devrez donner au cours de votre histoire. Une mécanique bienvenue, mais qui manque de finition.

Les balles coûtent cher
Mais comme un couteau, c’est rigolo mais peu utile face à un fusil, on aura aussi droit aux armes à feu. Et autant dire qu’on est sur du classique de chez classique : un cover shooter à l’ancienne comme ceux qui ont fait les beaux jours de la génération Xbox 360. On se met à couvert, on tire un peu, on change de position, et ainsi de suite.
Mais pour pimenter le tout, il faut savoir qu’Enzo est une véritable chips. Très fragile, sa jauge de vie descend très vite : il faudra donc être prudent, et surtout compter ses balles et être précis. Les munitions sont plus rares qu’avant, les armes moins précises, et il faudra trouver le bon équilibre entre prise de risque et patience : s’exposer pour stabiliser la visée et tirer au plus près de la tête, tout en faisant gaffe à ne pas se faire surprendre par un coup de fusil dans la hanche.
Enzo est fragile, les munitions rares, et chaque tir doit compter : une tension bienvenue dans un gameplay pourtant classique.
Le jeu n’est pas spécialement difficile, mais cette fragilité et ce besoin d’être sûr que notre tir va toucher ajoute une petite tension qui permet de ne pas se lasser tout au long de l’aventure.

Le retour d’accroupi-Man
On notera aussi quelques phases d’infiltration, elles aussi très classiques, vu qu’on se retrouve à nouveau en position accroupie 90 % du temps pour égorger des mafieux un par un en passant inaperçu.
On pourra porter les corps pour les cacher, lancer des pièces pour distraire les gardes, mais rien de bien innovant. Des sessions d’infiltration qui apportent un peu de variété, mais qui restent une fois de plus trop superficielles, tout en étant toujours assez sympathiques.
Les phases d’infiltration apportent de la variété, mais restent anecdotiques et superficielles.
Enzo aura même une sorte de vision d’aigle pour repérer les ennemis, mais la mécanique est tout simplement anecdotique et totalement optionnelle, vu que je ne m’en suis jamais servi autrement que dans le tutoriel.
Rien de rédhibitoire, mais rien de très engageant non plus. Surtout que la plupart de ces phases sont optionnelles et vous laisseront dégainer votre six-coups dès le début pour foncer dans le tas.

difficultés techniques
Il faut aborder un sujet qui me semble très important et que j’ai tendance à survoler un peu d’habitude, mais là, c’est différent.
The Old Country est beau, très beau même par moment, avec ses vastes étendues verdoyantes et sa jolie gestion des lumières. Le tout est souligné par une belle direction artistique et des décors urbains charmants.
Visuellement superbe, avec une lumière et des décors saisissants.
Mais au niveau de la technique, c’est autre chose. Déjà, les temps de chargement sont assez longs pour un jeu next-gen, mais à part ça le jeu est solide : pas de clipping, pas de bugs visuels notables, rien à signaler.
À une exception près : la ville de San Celeste. Dans un chapitre proche de la fin, avec beaucoup de PNJ, le jeu se met à ramer affreusement. Ça bug, ça tourne au ralenti, une vraie tragédie dans un jeu qui jusque-là ne présentait aucun souci. En mode exploration, prenez une voiture et foncez vers cette ville pour passer de 30 fps stables à « soirée diapo chez Mamie » en un instant. Ne reste qu’à espérer qu’un patch viendra régler tout ça.

Gigi l’amoroso
Mafia The Old Country devrait vous occuper un peu moins d’une dizaine d’heures. Trop peu pour certains, mais cette “courte” durée permet au titre de ne pas lasser le joueur, de maintenir un rythme impeccable et une montée en tension excellente jusqu’à la fin, tout en soutenant la narration jusqu’au bout.
Hangar 13 semble avoir réellement appris de Mafia III, qui proposait une excellente histoire avec de très bons personnages, mais totalement dilués dans un jeu beaucoup trop long et répétitif. Less is more, comme on dit…
Moins de dix heures, mais une montée en tension parfaite : Hangar 13 a retenu la leçon de Mafia III.
Et un dernier point sur la partie son : comme on l’a dit plus haut, la bande originale est de très bonne facture. Avec des thèmes lourds qui portent chaque scène et donnent une vraie identité au titre, on pourra aussi profiter de très bons doublages français, mais aussi d’un doublage sicilien (oui, sicilien, pas italien), qui donne forcément une nouvelle ambiance au titre. Un peu comme jouer à la série Metro avec les doublages russes.

Avis Mafia The Old Country : Fiche D’identité
🏢 Édité par | 2K Games | 👥 Public | +18 |
---|---|---|---|
🛠️ Développé par | Hangar 13 | 🤝 Fourni par l’éditeur | Oui |
📅 Date de sortie | 08/08/2025 | 💻 Testé sur | Xbox Series X |
🎮 Plateformes | PC, PS5 et Xbox Series | ⏱️ Temps de jeu | 13h |
✅ POINTS POSITIFS | ❌ POINTS NÉGATIFS |
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L’ambiance | Un open world sous exploité |
La narration (histoire et personnages) | De gros problèmes techniques par moment (du moins sur Xbox) |
Un gameplay efficace… | … mais trop classique |
Les chevaux ! | |
La bande originale | |
Un rythme parfaitement maitrisé |
Note : 15/20
Mafia The Old Country a tout d’un jeu moyen. Quand on le décortique, on y trouve une histoire solide mais un gameplay très classique et sans surprise, un open world sous-exploité et une durée de vie assez courte.
Mais The Old Country est aussi un titre qui nous rappelle qu’un bon jeu est plus que la somme de ses parties. En se concentrant sur une narration solide, un rythme parfaitement maîtrisé, en proposant un gameplay classique mais efficace et en soignant jusque dans les moindres détails son ambiance, ce préquel nous propose un vrai jeu Mafia, solide, qui ravira les fans et devrait réconcilier les déçus de Mafia III avec la série. On espère très vite retrouver Hangar 13 avec un nouvel opus de la même qualité.