avis Jak & Daxter : Forcément, quand je me lance dans un avis sur un jeu rétro, j’ai besoin de vous poser un peu de contexte pour que vous me compreniez. Pourquoi Jak & Daxter ?
Parce que j’ai toujours été un immense fan du travail de Naughty Dog. Petit, j’avais assez peu de jeux, mais mes parents m’achetaient religieusement le PlayStation Magazine et ses fameux CD de démos. Les plus anciens s’en souviendront : c’était notre seul moyen de tester les nouveautés.
J’ai passé des mois entiers sur la démo de Jak & Daxter, à poncer le premier monde dans tous les sens, subjugué par ce qui se passait à l’écran. Quand j’ai enfin eu le jeu complet pour un Noël ou un anniversaire, vers mes 8 ou 9 ans, c’était l’extase, même si j’avais fini par buter sur la difficulté des phases en Zoomer. Je n’avais jamais réussi à le terminer à l’époque, et c’est une petite cicatrice de joueur que je voulais refermer.
Vingt-cinq ans plus tard, l’occasion s’est présentée grâce à une technologie incroyable dont j’ai entendu parler chez les confrères de Canard PC : la Recompilation (via le projet OpenGoal). Je ne vais pas vous faire un cours technique, mais allez lire leur magazine ou abonnez-vous, c’est tout simplement la meilleure presse JV actuelle. Pour faire simple, c’est une réécriture native du code qui permet de jouer au jeu PS2 sur un PC moderne avec des options de confort actuelles, tout en gardant l’ADN pur du titre. C’était l’alignement des planètes parfait pour redécouvrir cette légende, essayer de décrocher le 100 % et voir si le plaisir de mon enfance était toujours intact.
Un duo détonnant
L’histoire nous met dans la peau de Jak, un héros muet mais charismatique, accompagné de son acolyte Daxter. Ce dernier, suite à une chute accidentelle dans l’Éco Noire, s’est retrouvé transformé en une sorte de « beloutre » (mélange de belette et de loutre) orange. Le but de l’aventure est simple : parcourir le monde pour trouver un remède et lui rendre son apparence humaine. Ce qui m’a frappé en relançant le jeu, c’est à quel point la direction artistique cartoon est un pur régal visuel. Contrairement aux jeux qui visaient le réalisme sur PlayStation 2 et qui sont aujourd’hui devenus illisibles, Jak & Daxter ressemble à un dessin animé qui aurait pu sortir à l’époque. Avec la résolution ultra élevée de la version OpenGoal, le rendu est d’une propreté chirurgicale et les animations faciales sont encore hyper expressives.
C’est cet humour « Naughty Dog » des débuts qui donne au jeu son supplément d’âme.
Il faut aussi que je vous parle de la VF, car elle est magistrale. C’est surjoué, c’est volontairement drôle et ça donne un charme fou au titre. Les voix sont celles que l’on entendait partout à l’époque et elles collent parfaitement aux personnages. Daxter, que je craignais de trouver lourd avec le recul, fonctionne finalement super bien. Il joue le rôle du clown de service, un peu insupportable mais terriblement attachant, surtout avec ses punchlines assassines lors des écrans de Game Over ou ses petites danses ridicules quand on déniche une pile d’énergie. C’est cet humour « Naughty Dog » des débuts qui donne au jeu son supplément d’âme.

Collectons des patounes (intelligemment)
En termes de maniabilité, le choc est réel : les contrôles de Jak n’ont quasiment pas pris une ride. Le personnage se dirige au doigt et à l’œil, les sauts sont précis et on comprend instantanément le timing nécessaire pour enchaîner les mouvements. Le système d’Éco apporte une dynamique géniale : l’éco bleue pour courir plus vite et attirer les orbes, ou l’éco orange pour balancer des sortes de Kamehameha et tout ravager sur son passage. Seule la caméra accuse un peu son âge. Même si elle est plus souple grâce aux réglages PC, elle a encore tendance à se bloquer dans certains angles de décor, nous faisant parfois rater un saut millimétré. On peste un peu, mais c’est le seul véritable marqueur de vieillesse technique du titre.
Le jeu propose une exploration sans mini-map, sans journal de quêtes et ça fait du bien !
Le reste du jeu est une leçon de Level Design. Jak & Daxter était un précurseur de l’Open World avec des zones interconnectées sans aucun temps de chargement visible. Les développeurs utilisaient des astuces brillantes, comme des trajets en ascenseur ou en téléphérique de quelques secondes, pour charger la suite du monde. En 2001, c’était révolutionnaire, et en 2026, c’est toujours aussi fluide. Surtout, j’adore le fait qu’il n’y ait aucune mini-map ni marqueur de quête polluant l’écran. On n’est pas pris pour un abruti : on écoute les villageois, on observe l’horizon et on explore naturellement. C’est une exploration organique qui manque cruellement aux productions actuelles souvent trop assistées.

Steam Deck precursor
La structure du titre repose sur une course à la collecte : il faut ramasser des Piles d’énergie, des Orbes Précurseurs et libérer des mécamouches. C’est une routine très « chill » qui ne devient jamais frustrante car le jeu sait varier les plaisirs. On passe d’une phase de plateforme pure à un mini-jeu de pêche, ou à une séquence de course à dos de Flut-Flut.
J’ai même enfin réussi à atteindre les 100 % sur cette session, ce qui m’a pris environ 10 heures. C’est la durée de vie idéale pour ne jamais s’ennuyer. Faire le 100 % permet d’ailleurs de débloquer la vraie fin avec une cinématique supplémentaire que je n’avais jamais vue de mes propres yeux, et je vous conseille vraiment de faire l’effort, car le challenge reste très accessible.
Le jeu de Naughty Dog est le parfait compagnon du Steam Deck de Valve.
Enfin, je dois terminer sur l’expérience incroyable que j’ai vécue sur mon Steam Deck. J’ai fait l’intégralité du titre sur la machine de Valve et c’est, pour moi, le format ultime. La console n’est quasiment pas sollicitée, j’ai pu obtenir environ 6 heures d’autonomie en jeu, ce qui est monstrueux. Le titre tourne à 60 FPS constants avec une fluidité exemplaire et l’écran OLED sublime les couleurs saturées de l’univers. Si mon « moi » enfant avait su que je pourrais un jour terminer ce Jak & Daxter qui me faisait tant kiffer, bien calé au fond de mon canapé sur une machine portable aussi puissante, il ne l’aurait jamais cru. C’est un kiff absolu de redécouvrir ce monument dans ces conditions. Si vous avez un Deck et que vous voulez le tuto pour installer OpenGoal, dites-le moi en commentaire et je vous préparerai ça !

Avis Jak & Daxter : fiche d’identité du jeu
| 🏢 Éditeur | Sony Interactive Ent. | 👥 Public | Tous publics |
|---|---|---|---|
| 🛠️ Développeur | Naughty Dog | 🤝 Fourni par l’éditeur | Non |
| 📅 Date de sortie | Décembre 2001 | 💻 Testé sur | Steam Deck OLED |
| 🎮 Plateformes | PC (OpenGoal), PS2 | ⏱️ Temps de jeu | 10h (100% terminé) |
✅ POINTS POSITIFS | ❌ POINTS NÉGATIFS |
|---|---|
| ➕Maniabilité exemplaire qui n’a pas vieilli d’un pouce | ➖La caméra qui reste parfois capricieuse |
| ➕Un monde ouvert sans chargement (toujours bluffant) | ➖Le démarrage un peu lent avec des tutos envahissants |
| ➕La DA cartoon et la VF d’époque qui font un bien fou | |
| ➕Pas de mini-map, l’exploration est 100% organique | |
| ➕Expérience parfaite et ultra autonome sur Steam Deck |
Note : 17/20
Jak & Daxter est bien plus qu’une simple madeleine de Proust. C’est la preuve éclatante qu’un excellent game design est éternel. Malgré une caméra qui trahit son âge, le titre reste un modèle absolu de plateforme et d’exploration. Le redécouvrir en 2026 via la recompilation OpenGoal est un bonheur de chaque seconde, surtout en mode portable. C’est court, c’est fun, c’est magnifique : un indispensable absolu à refaire pour tous ceux qui aiment le genre.




